Sous l'effet de la crise, les loyers se sont assagis

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Pour les professionnels de l'immobilier, l'encadrement des loyers prévu dans le projet de loi Duflot ne changera pas grand-chose à la donne et pourrait même avoir des effets indésirables sur le marché locatif » Cécile Duflot part en guerre contre les propriétaires

La réforme d'encadrement des loyers arrive-t-elle trop tard? Depuis plusieurs mois, les loyers facturés par les bailleurs aux nouveaux locataires se sont en effet assagis. Entre janvier et mai, ils ont progressé de 0,5 % en moyenne, soit moins vite que l'inflation (1 % sur la période), selon l'observatoire des loyers Clameur qui publiera mardi la tendance à fin août. En début d'année, les loyers ont même baissé dans de nombreuses villes, y compris dans certaines métropoles comme Paris où ils avaient, il est vrai, sensiblement augmenté en 2012. Rien à voir donc avec la flambée enregistrée au milieu des années 2000, lorsque les quittances s'envolaient de 4 % ou 5 % par an.

Depuis, la crise est passée par là. Les ménages inquiets de la montée du chômage et de la baisse du pouvoir d'achat reportent souvent à des jours meilleurs leurs projets de déménagement dans un logement plus grand ou plus confortable. Résultat, «les délais de location sont en train de s'allonger et les taux de vacance des logements en particulier ceux qui sont anciens sont en forte hausse», constate Laurent Vimont, président de Century 21 France. Les appartements familiaux sont les plus touchés par cette désaffection. Au premier semestre, les loyers des quatre-pièces ont du coup baissé de 1,2 % (par rapport à la même période de 2012) et ceux des cinq-pièces de 3,1 %, selon Century 21. En revanche, les loyers des studios et des deux-pièces, pour lesquels la demande est très soutenue continuent à augmenter aussi vite que l'inflation.

Ces différentes tendances risquent de perdurer. «Dans l'ensemble, les loyers devraient continuer à augmenter peu ou prou comme l'inflation. Cependant, sur les marchés tendus comme Paris et dans les centres-villes de quelques métropoles telles que Lyon, Strasbourg ou encore Bordeaux, la hausse devrait être plus marquée», estime Laurent Vimont.

Pour les professionnels de l'immobilier, l'encadrement des loyers prévu dans le projet de loi Duflot ne changera pas grand-chose à la donne et pourrait même avoir des effets indésirables sur le marché locatif. «Cette mesure est surtout faite pour le marché parisien, où l'offre d'appartements à louer est largement inférieure à la demande. Mais elle risque d'aggraver le problème lié au manque de logements en France car les bailleurs privés sont en train de quitter le marché», avance Laurent Vimont.

Le nouveau dispositif d'investissement Duflot peine d'ailleurs à séduire les investisseurs, en particulier les cadres supérieurs et les professions libérales, presque deux fois moins nombreux qu'en 2012 (7 % contre 13,2 %) à investir dans la pierre, selon Century 21.

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