Sous haute sécurité, le pape appelle à la paix en Centrafrique

le , mis à jour à 16:58
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    par Philip Pullella et Joe Bavier 
    BANGUI, 29 novembre (Reuters) - Le pape François, sous 
protection inédite, a prêché dimanche en faveur de la paix et de 
la réconciliation en République centrafricaine, déchirée par des 
violences entre chrétiens et musulmans. 
    Le chef de l'Eglise catholique, qui achevait à Bangui une 
visite en Afrique qui l'a également conduit au Kenya puis en 
Ouganda, a exprimé l'espoir que tous les Centrafricains 
pourraient voir l'avènement de la paix. 
    "Je viens dans la République centrafricaine comme pèlerin de 
paix, et je me présente comme apôtre de l'espérance", a-t-il dit 
sur son compte Twitter peu avant d'arriver à Bangui. 
    Jamais depuis son élection, en mars 2013, sur le trône de 
Saint-Pierre, un déplacement du pape n'avait donné lieu à un 
dispositif de sécurité aussi serré. Car ce déplacement était à 
haut risque. Depuis le mois de septembre, la capitale 
centrafricaine, Bangui, a connu un regain de tension qui a 
provoqué la mort d'au moins 100 personnes, selon l'organisation 
Human Rights Watch.  
    Alors que l'avion de la compagnie Alitalia dans lequel 
voyagent le pape et sa délégation atterrissait en provenance 
d'Ouganda, des hélicoptères d'attaque patrouillaient dans le 
ciel et des transports de troupes blindés de la force française 
et des casques bleus de l'Onu déployés en Centrafrique étaient 
stationnés devant l'aéroport de Bangui. 
    Des éléments des forces spéciales portant un brassard aux 
couleurs jaune et blanc du Vatican ont apporté leur concours aux 
agents habituellement chargés de la protection du pape. Et un 
soldat de l'Onu en arme a également pris place dans chacun des 
minibus affrétés pour transporter la presse accréditée auprès du 
Vatican. 
    Au début du mois, la France, dont 900 soldats environ sont 
toujours déployés en Centrafrique, avait prévenu le Vatican que 
ce déplacement présentait des risques et l'agenda du pape pour 
cette troisième et dernière étape de son périple africain 
n'avait pas été précisé à l'avance. 
     
    "NOUS SOMMES TOUS DES FRÈRES"  
    A sa descente d'avion, le pape a été conduit au palais 
présidentiel de Bangui où il s'est entretenu avec la présidente 
par intérim, Catherine Samba-Panza, et des diplomates et a 
appelé à "l'unité dans la diversité". 
    Il est ensuite allé aux devants de 4.000 réfugiés déplacés 
par les violences et regroupés dans un camp de la capitale. 
"Travaillez, priez, faites tout votre possible pour la paix mais 
souvenez-vous que la paix n'est rien sans amour, sans amitié, 
sans tolérance", leur a-t-il dit avant d'appeler son auditoire à 
scander "Nous sommes tous des frères" en langue sango. 
    François devait ensuite célébrer la messe dans la cathédrale 
Notre-Dame de Bangui, là même où des miliciens islamistes armés 
ont fait 15 morts dans une attaque en mai 2014. 
    La Centrafrique, en proie aux violences depuis un coup 
d'Etat mené fin 2012 par les rebelles majoritairement musulmans 
de la Séléka puis par les affrontements interreligieux avec les 
milices anti-Balaka, espérait beaucoup de sa venue. 
    Malgré les mesures drastiques, des dizaines de milliers de 
personnes s'étaient alignées le long de la route que le cortège 
pontifical a emprunté entre l'aéroport et le palais 
présidentiel. 
    Les chrétiens représentent 80% environ de la population 
centrafricaine, les musulmans 15%. 
    Le gouvernement a mobilisé environ 500 policiers et 
gendarmes tandis que plus de 3.000 casques bleus de la Minusca, 
la mission de l'Onu, ont également été déployés tandis que les 
troupes françaises se tenaient en alerte.     
 
 (Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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