Sourires et cinéma dans un centre de traitement d'Ebola au Libéria

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GBARNGA, Liberia, 29 octobre (Reuters) - Deux infirmières américaines, en mission en pleine brousse au Liberia, s'octroient une pause après avoir passé deux heures en combinaison de protection sous une chaleur étouffante au chevet des malades d'Ebola, le virus qui a fait plus de 4.900 morts en Afrique de l'Ouest. Loin derrière elles, dans la "zone rouge" du centre de traitement, deux garçons, Solomon et Joe, qui porte un bas de pyjama 'Bob l'éponge', se tiennent derrière une barrière orange vif. Solomon est au jour 13 de son traitement et Joe au huitième. Les infirmières, Bridget Mulrooney, 36 ans, et Kelly Suter, 29 ans, expliquent que les deux jeunes malades semblent aller mieux, ainsi que d'autres membres de leurs familles soignés à Bong County, à environ 200 km à l'est de la capitale Monrovia. "La petite soeur de Solomon était vraiment très mal mais elle va mieux. Aujourd'hui elle peut se relever et elle a joué avec un pistolet à eau dans son lit", raconte, souriante, Bridget Mulrooney, originaire de Floride. "C'est tellement bien quand ils vont mieux". Le centre de traitement a été ouvert il y a environ six semaines. Il a été construit par l'organisation caritative Save the Children et le personnel est envoyé par l'organisation humanitaire International Medical Corps, avec des fonds provenant de l'Agence américaine pour le développement international. Il dispose de 50 lits, dont 30 pour les cas confirmés et 20 pour les cas suspects. Mardi, quinze patients atteints d'Ebola y étaient soignés et cinq personnes attendaient les résultats des tests. "Il y a des jours difficiles mais il y a aussi de très bonnes journées. C'est très encourageant de les voir aller mieux, de les voir heureux. On organise des projections nocturnes, avec des films comme 'Le Roi Lion' et "La Reine des neiges", raconte Kelly Suter, venue du Michigan. "Ils adorent, surtout les enfants." Si les patients en sont capables, ils installent des chaises à l'extérieur et regardent les films projetés sur un drap, ont-elles déclaré à Reuters, respectant un périmètre de sécurité. Bridget Mulrooney a dit que de nombreux patients l'avaient émue. "L'un de mes préférés va mieux maintenant, c'est un homme originaire de la Sierra Leone (..). Il est arrivé très très malade", a-t-elle dit. "Je portais mon équipement de protection et il ne pouvait pas croire que je posais mes mains sur lui. Il a dit "Tu me touches, tu n'as pas peur de moi." Lors de sa brève visite au Liberia, l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies Samantha Power s'est rendue mardi à Bong County, où un laboratoire mobile américain a été installé. L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola a tué près de 5.000 personnes, en immense majorité en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée. Interrogée sur les quarantaines obligatoires décrétées par certains Etats américains pour le personnel soignant revenant d'Afrique de l'Ouest, Bridget Mulrooney a déclaré que les personnes envisageant de venir dans la région ne devaient pas en être dissuadées par des règles "injustes et inéquitables". (Michelle Nichols, Mathilde Gardin pour le service français)

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