Source juge que la possibilité d'une crise de la dette pèse sur le Japon à long terme

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(AOF) - Dans une récente note, Paul Jackson, directeur de la recherche de Source, estime qu'une crise de la dette au Japon "ne semble pas imminente étant donné le statut de créditeur du Japon" mais "reste une possibilité réelle pour le plus long terme", qu'une dégradation des comptes courants du pays pourrait concrétiser. L'expert rappelle que l'économie japonaise ploie sous un fardeau qu'illustre le ratio dette gouvernementale sur PIB de 250% qu'il ne supporte que pour deux raisons.

D'abord, "le ratio net dette/PIB est de seulement 128% (tout juste au-dessus de celui de l'Italie) et les coûts d'intérêt nets sont inférieurs à 0,5% du PIB", rappelle Paul Jackson. Ensuite, "le Japon s'autofinance (sa position extérieure nette est proche de 70% du PIB), ce qui limite la possibilité pour le monde extérieur d'imposer une crise de la dette."

Pour autant, le fardeau d'une dette si élevée présente un défi, surtout compte tenu des mauvaises statistiques démographiques du Japon. La baisse démographique va abaisser la croissance du PIB nominal (qui était en moyenne de zéro durant les 20 dernières années) mais aura aussi l'avantage d'apporter de faibles rendements obligataires (qui vont faire baisser les coûts d'intérêt). "Un modèle de dette simple suggère de nombreux scénarios dans lesquels le ratio dette/PIB pourrait excéder 1000% d'ici la fin du siècle. Si les rendements augmentent en réponse à ce scénario, les coûts financiers pourraient devenir un problème", prévient Paul Jackson, chez Source.

Pour éviter une crise importante, "le gouvernement doit éliminer le déficit budgétaire primaire (4,8% du PIB en 2015 et une moyenne de près de 6% au cours des 20 dernières années), ce qui apparaît comme un défi de taille considérant le vieillissement de la population", assure le directeur de la recherche du fournisseur d'ETF.

Une amélioration des tendances démographiques pourrait aider, et les autorités ont un champ d'action suffisant sur ce plan (ouvrir leurs portes à l'immigration, encourager une plus forte participation des femmes, utiliser l'argent de la Banque du Japon en récompensant les naissances plutôt qu'en achetant des obligations).

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