Soupçons de cartel sur les taux interbancaires en Suisse

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SOUPÇONS DE CARTEL SUR LES TAUX INTERBANCAIRES EN SUISSE
SOUPÇONS DE CARTEL SUR LES TAUX INTERBANCAIRES EN SUISSE

ZURICH (Reuters) - La Commission de la Concurrence (COMCO) suisse a annoncé vendredi l'ouverture d'une enquête visant plusieurs banques internationales soupçonnées d'avoir conclu des accords pour influencer les taux de référence interbancaires et le marché de certains produits dérivés.

La COMCO explique dans un communiqué qu'un établissement s'est dénoncé en affirmant que plusieurs banques auraient influencé les taux de référence Libor (London Interbank Offered Rate) et Tibor (Tokyo Interbank Offered Rate) pour certaines devises.

Le Libor est utilisé dans le monde entier comme référence pour fixer les taux sur des transactions dont le montant global est estimé à 350.000 milliards de dollars.

Le moindre changement dans ces taux calculés quotidiennement sur la base de données fournies par un groupe déterminé de banques peut avoir des conséquences considérables sur les taux pratiqués par les banques.

"Par ces comportements, les traders pouvaient obtenir une distorsion des taux de référence en leur faveur", souligne le gendarme de la concurrence dans son communiqué.

La COMCO soupçonne aussi que des courtiers se soient concertés sur les différences entre les cours d'achat et de vente (spreads) de produits sur dérivés, ce qui leur permettait de vendre ces produits financiers à des conditions désavantageuses pour leurs clients.

Les investigations de la COMCO concernent 12 grandes institutions européennes, américaines et japonaises: UBS et Crédit Suisse, Bank of Tokyo-Mitsubishi, Citigroup, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan Chase, Mizuho Financial Group, Rabobank, Royal Bank of Scotland, Société Générale et Sumitomo Mitsui Banking Corporation.

DES ENQUÊTES EN EUROPE ET AUX USA

Les autorités américaines, européennes et britanniques cherchent aussi à savoir si des banques ont sous-estimé les taux interbancaires pour réduire les coûts d'emprunt et tenter d'apaiser les tensions sur le marché pendant la crise financière.

A l'époque, les taux Libor avaient augmenté mais certains avaient jugé que cette hausse était insuffisante pour refléter la réalité des prix sur le marché interbancaire.

"Nous sommes en contact avec le département américain de la Justice et la Commission européenne", a précisé vendredi à Reuters Olivier Schaller, vice-directeur de la COMCO. "Nous nous concentrons pour le moment sur les problèmes apparus sur le marché suisse. Nous n'en sommes qu'au début de notre enquête."

"Nous prenons ces enquêtes très au sérieux et coopérons pleinement avec les autorités", a déclaré un porte-parole d'UBS.

A la Société générale, une porte-parole a déclaré que "la banque est à la disposition des autorités compétentes pour leur apporter tous les éclairages et les éléments d'informations qu'elles souhaiteraient obtenir", précisant que le groupe était membre d'un certain nombre de panels visant à établir des taux interbancaires.

RBS, Credit Suisse et Deutsche Bank se sont refusés à tout commentaire alors que personne n'était disponible dans l'immédiat au sein des autres établissements pour prendre une position.

Des soupçons avaient déjà émergé en 2011 lorsqu'un gestionnaire européen d'actifs avait poursuivi une douzaine de banques internationales, les accusant d'entente pour manipuler le Libor.

Charles Schwab Corp a également engagé des procédures contre onze grandes banques pour les mêmes raisons.

En juillet dernier, UBS avait annoncé avoir obtenu l'immunité dans un dossier de soupçons de manipulations sur le Libor en échange de sa coopération avec certaines autorités.

Pascal Schmuck, avec Caroline Copley, Martin de Sa'Pinto, Sudip Kar-Gupta et Julien Ponthus, édité par Marc Angrand

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  • danne007 le vendredi 3 fév 2012 à 17:50

    Et pas de nouvelles des soupçons de manipulation des bourses car c'est vraiment trop beau pour être vrai....(honnête)

  • feniks le vendredi 3 fév 2012 à 17:20

    Se méfier des coûts taux suisses !