Soupçons d'entente sur les prix des voitures en Espagne

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SOUPÇONS D'ENTENTE SUR LES PRIX DES VOITURES EN ESPAGNE
SOUPÇONS D'ENTENTE SUR LES PRIX DES VOITURES EN ESPAGNE

MADRID (Reuters) - La Commission nationale espagnole de la concurrence (CNC) a annoncé mercredi enquêter sur une possible entente illicite sur les prix des voitures vendues dans les concessions du pays.

L'enquête porte sur les pratiques de fixation de prix et d'éventuels échanges d'informations de données sensibles par les dizaines de filiales espagnoles de grands constructeurs internationaux comme Volkswagen, Renault, PSA Peugeot Citroën, Fiat, Nissan, Toyota, Honda ou General Motors, entre autres.

Si l'enquête confirme ces soupçons, les filiales en question risquent des amendes pouvant représenter jusqu'à 10% de leur chiffre d'affaires annuel, ajoute la CNC dans son communiqué.

L'enquête, qui vise à la fois les constructeurs et leurs distributeurs en Espagne, est considérée comme prioritaire "étant données les conséquences graves pour les consommateurs", poursuit-elle.

Nissan, Ford, Toyota et Seat, filiale espagnole de Volkswagen, ont déclaré coopérer avec les enquêteurs.

"L'ouverture de la procédure ne signifie pas qu'une infraction au droit de la concurrence a été commise", a dit Nissan dans un communiqué. Renault a réfuté de son côté toute infraction et Ford a assuré avoir agi dans le cadre de la loi.

"GM Espagne ne s'est jamais engagé dans aucun cartel et coopérera avec les autorités pour soutenir leur enquête", a dit un porte-parole du groupe américain.

La CNC explique que son enquête se fonde sur des informations rassemblées en juin et juillet au cours d'inspections de concessions automobiles et de perquisitions au siège des principales marques automobiles présentes sur le marché espagnol.

Le marché automobile espagnol souffre de la conjoncture économique, cinq ans de récession et un taux de chômage supérieur à 25% pesant fortement sur la demande.

Pour tenter de limiter la baisse des ventes, le gouvernement a mis en place un système de "prime à la casse" qu'il a doté de 70 millions d'euros supplémentaires en juillet après l'expiration de sa phase initiale.

Ce dispositif permet aux acheteurs d'un véhicule neuf de bénéficier d'un rabais de 2.000 euros, financé pour moitié par l'Etat et pour moitié par le constructeur, s'ils envoient à la casse leur ancienne voiture.

Les immatriculations de voitures neuves ont malgré tout chuté de 18,3% en août par rapport au même mois de l'an dernier, selon les chiffres publiés lundi par l'association de constructeurs Anfac.

Les constructeurs bénéficient aussi de la réforme du marché du travail, qui rend plus faciles les recrutements comme les licenciements.

Robert Hetz, Véronique Tison pour le service français

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