Soudan du Sud-Les deux camps ordonnent une trêve

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 (Actualisé avec réaction des Etats-Unis, évacuation de 
personnel, précisions) 
    par Denis Dumo 
    JUBA, 12 juillet (Reuters) - Le président sud-soudanais, 
Salva Kiir, et son vice-président et grand rival politique Riek 
Machar ont chacun ordonné lundi à leurs troupes de cesser le 
feu, au terme de plusieurs journées de violents combats 
condamnés par les Etats-Unis. 
    Les combats, qui ont fait plusieurs centaines de morts, 
menacent de faire retomber le pays dans la guerre civile. Ils 
ont commencé jeudi dernier dans la capitale Juba alors que ce 
jeune pays se préparait à fêter son cinquième anniversaire. 
    Kiir et Machar se sont parlés au téléphone lundi, a déclaré 
le porte-parole de la présidence, Ateny Wek, alors que la 
journée a été l'une des plus violentes depuis la reprise des 
combats, avec engagement de blindés et d'hélicoptères.  
    "Tous les commandants des forces ont pour consigne de cesser 
les hostilités et de se soumettre aux ordres, de contrôler leurs 
troupes", a déclaré le porte-parole. "Le président Salva Kiir 
est déterminé à poursuivre son partenariat avec Riek Machar. 
    Le vice-président a répondu en ordonnant à ses troupes de se 
retirer. 
    "Le président a déclaré un cessez-le-feu unilatéral. Je veux 
rendre la pareille en déclarant un cessez-le-feu unilatéral", a 
déclaré par la suite Riek Machar à la radio.      
    On ignore pour l'instant quel est l'objectif de ceux qui 
combattent et dans quelle mesure Kiir et Machar ont le contrôle 
de leurs forces. 
    On ne dispose pas non plus de bilan exact des victimes mais 
au moins cinq soldats sont morts jeudi et, selon une source au 
ministère sud-soudanais de la Santé, 272 personnes, dont 33 
civils, ont été tuées durant la seule journée de vendredi. 
     
    "VIOLENCE INSENSÉE" 
    Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a 
appelé lundi le Conseil de sécurité à imposer au Soudan du Sud 
un embargo sur les armes et à des sanctions contre les 
dirigeants et les chefs militaires qui empêchent la mise en 
oeuvre de l'accord de paix d'août 2015.     
    Selon la Mission des Nations unies au Soudan (Minuss), des 
tirs ont été entendus lundi dans le quartier de Jebel à Juba 
ainsi qu'autour d'une base onusienne proche de l'aéroport. La 
Minuss a fait état de huit morts et de 67 blessés dans les 
échanges de tirs qui ont touché ses sites. 
    Deux casques bleus chinois ont été tués, a déclaré le 
ministère chinois des Affaires étrangères. L'un d'eux est mort 
ce week-end et l'autre est décédé par la suite de ses blessures. 
    Illustrant l'anarchie qui règne dans les rues de Juba, un 
habitant a dit avoir vu des policiers en train d'essayer de 
piller une boutique de son quartier. D'autres habitants avaient 
fait état de scènes analogues dimanche. 
    A Paris, le ministère des Affaires étrangères a exprimé 
l'extrême préoccupation de la France face à cette reprise des 
violences qui "n'est pas acceptable". 
    Un cellule travaillant en collaboration étroite avec 
l'ambassade de France à Juba a été ouverte afin notamment de 
faciliter, en concertation avec d'autres pays européens, le 
départ des ressortissants français qui le souhaiteraient. 
    Le département d'Etat américain a lui aussi annoncé être en 
train d'organiser le départ de son personnel. La conseillère à 
la Sécurité nationale de la Maison blanche, Susan Rice, a fait 
savoir lundi que ceux qui ont commis des atrocités ou empêché 
les efforts visant à l'arrêt des combats seraient considérés par 
les Etats-Unis comme "totalement responsables". 
    "Nous appelons ceux qui combattent à retourner dans leurs 
casernes. Cette violence insensée et inexcusable, engagée par 
ceux qui, une fois encore, mettent leur intérêt personnel 
au-dessus du bien-être de leur pays et de leur peuple, met en 
danger tout ce à quoi a aspiré le peuple du Sud Soudan ces cinq 
dernières années", a déclaré la conseillère à la sécurité.     
    Le conflit, alimenté par les tensions entre Nuers et Dinkas, 
ethnies respectives de Riek Machar et de Salva Kiir, a éclaté en 
décembre 2013 quelques mois après le limogeage du premier par le 
second. Il a fait 50.000 morts selon l'Onu et 2,5 millions de 
déplacés, pour une population totale de 11 millions d'habitants. 
    Un fragile accord de paix a été signé en août 2015, en vertu 
duquel Riek Machar est redevenu vice-président. Mais l'ancien 
chef rebelle n'est revenu qu'en avril dernier dans son pays, 
l'accord ayant été plusieurs fois mis à mal par la poursuite des 
combats. 
 
 (Avec Ben Blanchard à Pékin, Marine Pennetier à Paris, michelle 
Nichols à New York, George Obulutsa à Nairobi et Ismaïl 
Kushkush, Mohammad Zargham et Eric Beech à Washington; Pierre 
Sérisier, Eric Faye, Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié 
pour le service français) 
 
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