Soudan du Sud-L'Onu priée de déployer ses renforts d'urgence

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    JUBA, 3 septembre (Reuters) - Des déplacés et des 
dignitaires religieux sud-soudanais ont plaidé samedi pour le 
déploiement urgent de troupes étrangères supplémentaires auprès 
d'une délégation du Conseil de sécurité de l'Onu en visite à 
Juba, alors que le gouvernement s'interrogeait sur son bien 
fondé.  
    Les diplomates des 15 Etats membres ont été reçus par des 
membres de l'exécutif et ont rencontré des représentants de la 
société civile. Ils ont en outre visité deux camps de l'Onu où 
vivent plusieurs dizaines de milliers de civils ayant fui les 
combats qui ont éclaté il y a trois ans.  
    Le conflit, alimenté par les rivalités entre Dinkas et 
Nuers, ethnies respectives du président Salva Kiir et de 
l'opposant Riek Machar, a éclaté en décembre 2013, deux ans et 
demi après l'indépendance, quant le premier a limogé le second, 
alors vice-président. 
    Un accord de paix conclu il y a un an n'a pas empêché la 
reprise des combats et Riek Machar a trouvé refuge au Soudan.  
    "Les gens se sont laissés convaincre qu'il s'agit d'une 
guerre tribale. Nous craignons que ce qui s'est passé au Rwanda 
ne se reproduise dans ce pays", a déclaré l'archevêque anglican 
Daniel Deng, s'adressant à la délégation du Conseil de sécurité. 
    Son homologue catholique Paulino Lukudo Loro a quant à lui 
qualifié le contingent de 4.000 hommes dont le Conseil a 
autorisé le mois dernier le déploiement à Juba et qui doit 
arriver sous peu de "force de réconciliation".   
    "Nous avons besoin de cette aide. Nous ne pouvons remettre 
notre pays sur le droit chemin tout seuls", a-t-il ajouté.  
    Selon l'ambassadrice américaine à l'Onu Samatha Power, les 
membres du gouvernement "se sont demandés si le déploiement de 
la force de protection régionale était toujours nécessaire, 
puisque Riek Machar a quitté le pays et que le gouvernement de 
transition fait son travail sans difficultés".  
    "Nous, membres du Conseil de sécurité, avons répondu sans 
équivoque: 'Oui, cette force est nécessaire'", a-t-elle 
poursuivi, s'adressant à la presse.  
    Cette nouvelle force viendra s'ajouter aux 12.000 hommes de 
la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (Minuss) déployée 
en 2011.  
     
 
 (Michelle Nichols, Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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