Soudan: des pyramides à la portée de presque toutes les bourses

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Les pyramides égyptiennes, ici la grande pyramide de Cheops, étaient réservées aux rois et aux nobles. Au Soudan, la classe moyenne pouvait y accéder Cheops AFP PHOTO/MARWAN NAAMANI
Les pyramides égyptiennes, ici la grande pyramide de Cheops, étaient réservées aux rois et aux nobles. Au Soudan, la classe moyenne pouvait y accéder Cheops AFP PHOTO/MARWAN NAAMANI

(AFP) - Elles sont plus modestes que leurs cousines égyptiennes, mais les 35 pyramides vieilles de 2.000 ans mises au jour par des archéologues français à Sedeinga au Soudan avaient le mérite d'être accessibles au plus grand nombre.

A l'époque de leur construction, vers la fin du royaume de Méroé entre 100 et 200 ap. J.C., "les pyramides étaient tellement en vogue que tout le monde pouvait s'en payer une", souligne Claude Rilly, directeur de la mission.

"Nous avons donc une inflation (de pyramides), ou ce que j'appelle une démocratisation de la pyramide qui est sans équivalent autre part, notamment en Egypte", le grand royaume du nord, raconte à l'AFP M. Rilly, directeur de la Section française de la direction des Antiquités du Soudan.

Il a fallu trois ans de travail aux scientifiques pour mettre au jour ces pyramides à Sedeinga, une localité située à environ 200 km de la frontière égyptienne.

Les pyramides égyptiennes qui font le régal des touristes ont été édifiées bien avant les pyramides soudanaises et renfermaient les tombeaux de rois et de nobles.

Mais, à Sedeinga, la classe moyenne pouvait elle aussi aspirer à reposer sous une pyramide pour l'éternité.

"En Egypte, ces couches de la population n'avaient strictement rien à voir avec les pyramides. C'est quelque chose de vraiment nouveau, nous ne nous y attendions absolument pas", explique Claude Rilly.

C'est aussi la raison pour laquelle il y a tellement de pyramides à Sedeinga. Par endroits, elles ont été construites si proches les unes des autres qu'une personne adulte n'y passerait pas.

Pyramides d'un mètre de haut

Les pyramides découvertes par Claude Rilly et son équipe se trouvent dans une nécropole d'environ 40 hectares qui abriterait plus de 1.000 tombes. Un quart d'entre elles ont été mises au jour.

Les pyramides, dont certaines ne dépassent pas 1 mètre de hauteur, sont faites de briques en terre, un matériau peu onéreux. Les architectes et les ouvriers engagés pour leur construction l'étaient beaucoup plus, ce qui fait dire à Claude Rilly que les moins fortunés n'étaient sans doute pas en mesure de s'offrir une pyramide. Ils étaient généralement enterrés dans des fosses adjacentes.

En revanche, il ne reste pas grand chose de la structure la plus grandiose de Sedeinga: le temple que le pharaon Amenhotep III avait fait ériger pour son épouse Tiyi, grand-mère de Toutankhamon. Le temple a été fortement endommagé lors d'inondations survenues vers 500 ou 400 av. J.C., selon M. Rilly, dont la mission est financée par le gouvernement français et l'université parisienne de la Sorbonne.

Pilleurs de tombes

Et, malgré le grand nombre de pyramides mises au jour, les archéologues n'ont retrouvé que peu d'objets d'époque. Les pilleurs de tombes les ont précédés...

Une tombe a pourtant échappé à la sagacité des voleurs. Elle renfermait le squelette d'un enfant de 4 ou 5 ans, paré de quatre colliers et de bracelets enserrant ses chevilles.

L'Egypte a occupé le nord de l'actuel Soudan pendant environ 500 ans, jusqu'en 1.000 av. J.C., mais son influence est très vite allée en décroissant durant le royaume de Méroé, à partir de 350 av. J.C.

Les inscriptions qui ornent les tombes de Sedeinga sont d'ailleurs en méroïtique, une langue dont M. Rilly souligne qu'elle est encore très peu connue.

Linguiste et égyptologue de formation, il en est le spécialiste mondial incontesté. Il a donc pu déchiffrer les structures familiales et est arrivé à la conclusion que dans la zone de la nécropole sur laquelle l'équipe a jeté son dévolu sont enterrées "beaucoup de femmes".

Nombre d'entre elles officiaient en tant que prêtresses de la déesse Isis, dont la reine Tiyi était considérée comme une incarnation.

C'est d'ailleurs dans l'une de ces tombes que Claude Rilly a fait une découverte d'une rare importance l'an dernier. Alors qu'il était affairé à déblayer une tombe, il est tombé sur une dalle arborant une représentation du dieu égyptien Amon.

A l'origine, la dalle faisait partie du mur du temple de Tiyi. Il s'agit, pour l'heure, de l'unique représentation entièrement intacte d'une divinité à avoir été retrouvée sur le site.

it/gde/hj/tj

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  • M2280901 le mardi 2 avr 2013 à 13:33

    faut pas aller dans ces pays de m.....

  • r.lebleu le mardi 2 avr 2013 à 09:44

    Encore ajd on construit des pyramides et elles sont par contre nettement plus onéreuses, demandez aux clients de madoff !