Sopra Steria sanctionné en Bourse après un recul du dividende

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par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Sopra Steria Group chute en Bourse lundi après une baisse de son dividende, un ralentissement de sa croissance au quatrième trimestre et une marge inférieure aux attentes dans certaines activités en 2015.

La sanction infligée sur le marché à la société de conseil et de services informatiques contraste toutefois avec des résultats annuels supérieurs au consensus et des prévisions jugées satisfaisantes par les analystes.

En tête des baisses du SBF 120, le titre abandonne 5,28% à 88,11 euros vers 11h30 à la Bourse de Paris, ramenant sa capitalisation à quelque 1,8 milliard d'euros et portant son recul depuis le début de l'année à plus de 18%, après un bond de 70% en 2015.

Le groupe, issu de la fusion de Sopra et de Steria en 2014, a fait état d'une croissance organique de 2% en 2015 avec un chiffre d'affaires de 3,584 milliards d'euros et un taux de marge opérationnelle de 6,8%.

L'activité a toutefois sensiblement ralenti au quatrième trimestre avec une croissance organique ramenée à 0,9% en raison d'une stagnation en France et d'effets de base.

Société générale, à l'achat avec un objectif de cours de 124 euros, pointe des marges décevantes dans les pôles de conseil et intégration de systèmes (8,7% en France) et Sopra Banking Software (9,1% sur le groupe), alors que la banque anticipait un taux de 10% dans les deux cas.

Le ralentissement de la croissance au quatrième trimestre tient à un comparatif défavorable pour le pôle Sopra Banking, souligne dans un note Kepler Cheuvreux, qui est à "conserver" avec un objectif de 105 euros.

Le groupe précise dans un communiqué qu'il propose un dividende de 1,70 euro par action au titre de l'exercice écoulé, le plus bas depuis 2012 et en recul de 10,5% par rapport à celui de 1,90 euro versé pour 2013 et 2014.

"Si les résultats sont tenus, je ne vois pas de raison de ne pas revenir à 1,90 euro", a toutefois déclaré le directeur général Vincent Paris lors d'une conférence téléphonique.

Pour cette année, Sopra Steria anticipe une croissance organique supérieure à celle enregistrée en 2015, en dépit d'un premier trimestre en faible croissance.

Pour la France, premier marché du groupe avec plus d'un tiers du chiffre d'affaires, Vincent Paris s'est montré optimiste sur 2016, après une croissance organique de 1,7% sur l'ensemble de 2015.

Au Royaume-Uni, deuxième marché de Sopra Steria avec plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2015, notamment dans le secteur public, le groupe dit ne pas avoir encore mesuré l'impact d'un éventuel "Brexit" sur son activité.

"Je ne pense pas que pour nous ce soit nécessairement négatif", a observé John Torrie, directeur général adjoint du groupe. "En cas de vote oui à la sortie (de l'Union européenne), le secteur public aurait probablement encore plus besoin de faire des économies à court terme".

Sopra Steria s'attend aussi à un taux de marge opérationnelle d'activité de plus de 7,5% en 2016 et à un flux net de trésorerie disponible nettement supérieur aux 49,3 millions d'euros de 2015.

Le groupe confirme aussi ses objectifs pour 2017, à savoir un chiffre d'affaires compris entre 3,8 et 4,0 milliards d'euros et une marge opérationnelle de 8-9%.

(avec Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Marc Joanny)

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