Sommet Union européenne-Turquie pour gérer le flot de migrants

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    * Les dirigeants de l'UE rencontrent le Premier ministre 
turc 
    * Réunion de trois heures à partir de 15h00 GMT 
    * Trois milliards d'euros proposés entre autres à la Turquie 
 
    par Alastair Macdonald 
    BRUXELLES, 29 novembre (Reuters) - Les dirigeants de l'Union 
européenne espèrent signer dimanche à Bruxelles un accord avec 
la Turquie qui offre à Ankara des financements en échange de sa 
promesse d'endiguer le flot de migrants arrivant en Europe.  
    Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu doit rencontrer les 
28 chefs d'Etat et de gouvernement pour une réunion de trois 
heures à partir de 16h00 (15h00 GMT). 
    Près d'un million de personnes en provenance d'Afrique et 
d'Asie, qui fuient notamment de Syrie en guerre, sont arrivées 
cette année dans les pays de l'Union européenne. Il s'agit du 
plus gros afflux de réfugiés depuis la Seconde Guerre mondiale. 
    Les mesures prises par l'UE ces derniers mois n'ont pas été 
très efficaces pour la gestion des flux de migrants. Et si 
l'hiver risque de réduire le nombre d'arrivants pendant quelques 
mois, il rend aussi les choses très difficiles pour les milliers 
de personnes coincées aux frontières fermées des pays des 
Balkans. 
    Le sommet de dimanche s'annonce plus difficile depuis la 
destruction d'un avion de guerre russe par l'armée turque mardi 
à la frontière syrienne. Cela a par ricochet compliqué les 
efforts des Européens qui tentent de se rapprocher de Moscou 
pour avancer sur un accord de paix en Syrie qui permettrait à la 
fois d'arrêter la fuite des Syriens hors de leur pays et de 
contenir l'Etat islamique. 
    Samedi soir, après une nouvelle réunion des représentants de 
l'UE à Bruxelles, des diplomates ont indiqué que les pays de 
l'UE s'étaient mis d'accord sur une offre commune et qu'ils 
espéraient qu'elle serait acceptée par Ahmet Davutoglu. 
    Cette offre devrait être entérinée par les gouvernements 
dimanche avant le sommet. 
     
    JUSQU'A LA DERNIÈRE SECONDE 
    Certains se demandaient toutefois samedi soir si la Turquie 
n'allait va pas produire de nouvelles demandes, en constatant 
que le président turc Recep Tayyip Erdogan avait décidé de ne 
pas être présent à Bruxelles mais d'envoyer son Premier 
ministre. 
    "Les Turcs négocient toujours jusqu'à la dernière seconde", 
déclare un diplomate de l'UE. "Pourquoi est-ce que ce devrait 
être différent cette fois-ci?" 
    Les Européens qui ont prévu de verser trois milliards 
d'euros à la Turquie pour les 12 à 24 mois prochains, souhaite 
qu'Ankara utilise cette enveloppe pour améliorer le quotidien 
des 2,3 millions Syriens réfugiés en Turquie de sorte qu'ils 
soient moins incités à s'embarquer pour la Grèce, porte d'entrée 
très prisée dans l'UE. 
    L'UE veut aussi que le gouvernement turc rende la traversée 
de Turquie vers les îles grecques plus difficile et qu'il 
empêche d'entrer les Afghans et autres migrants asiatiques qui 
passent par la Turquie pour se rendre en Europe. 
    Bruxelles veut aussi que la Turquie tienne sa promesse de 
reprendre les migrants qui ont réussi à atteindre la Grèce mais 
qui ensuite ne réussissent pas à obtenir l'asile politique. 
    De son côté, la Turquie souhaite davantage de fonds. L'offre 
originelle de l'UE portait sur trois milliards d'euros sur deux 
ans. La nouvelle offre ne devrait plus comporter de calendrier 
précis parce qu'Ankara espère obtenir plus. 
    Si Ankara remplit ses obligations, les ressortissants turcs 
obtiendront plus facilement des visas pour se rendre en Europe. 
    La Turquie obtiendra aussi la promesse d'une relance des 
discussions sur son adhésion à l'UE, bloquées depuis des années. 
 
 (Alastair Macdonald; Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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