Sommet UE-Ukraine à Bruxelles sur fond d'impatience

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    BRUXELLES, 24 novembre (Reuters) - Les dirigeants des 
institutions européennes et le président ukrainien Petro 
Porochenko se sont retrouvés en sommet jeudi à Bruxelles à un 
moment où les velléités de consolidation du rapprochement avec 
Kiev se heurtent à des interrogations en Europe sur l'ampleur de 
la corruption en Ukraine. 
    Vu de Kiev, les Européens doivent faire face au reproche de 
ne pas soutenir suffisamment l'Ukraine dans sa confrontation 
avec la Russie. 
    Le reproche est d'autant plus actuel que Donald Trump a 
promis de réparer les liens avec Moscou et que les Ukrainiens 
redoutent de faire les frais d'un rapprochement russo-américain 
- à Bruxelles, Porochenko a toutefois affirmé qu'il ne 
s'attendait pas à une modification significative de la politique 
américaine après s'être récemment entretenu au téléphone avec 
Donald Trump. 
    A cette aune, le blocage d'un accord sur la levée des visas 
pour les Ukrainiens désireux de se rendre dans les pays de l'UE 
et le rejet par les électeurs néerlandais de l'accord renforçant 
les relations commerciales et politiques avec Kiev sont 
considérés comme autant de signaux de l'insuffisance de 
l'engagement européen. 
    La venue de Porochenko à Bruxelles coïncide avec le 
troisième anniversaire du soulèvement pro-européen de la place 
Maïdan à Kiev, qui allait emporter le gouvernement prorusse de 
Viktor Ianoukovitch en février 2014. 
    "Trois ans depuis EuroMaïdan. L'Ukraine sur la bonne voie 
sous la direction du président Porochenko. Le soutien de l'UE 
reste fort", a écrit sur son fil Twitter le président du Conseil 
européen, le Polonais Donald Tusk. 
    Mais les aspirations occidentales de l'ancienne république 
soviétique ont eu un prix très lourd (manifestations meurtrières 
à Kiev, annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, 
persistance d'un conflit dans l'Est séparatiste qui a fait près 
de 10.000 morts à ce jour malgré une médiation franco-allemande 
qui marque le pas).  
    Depuis mars 2014, l'UE a progressivement imposé des mesures 
restrictives à la Russie en réaction à "l'annexion illégale" de 
la Crimée et à "la déstabilisation délibérée" de l'Ukraine. Les 
sanctions économiques devraient être reconduites le mois 
prochain, mais leur avenir semble moins clair, les dirigeants 
des Vingt-Huit se divisant sur la pertinence d'une politique 
d'isolement de la Russie. 
    Dans le même temps, fonctionnaires et diplomates de l'UE 
mettent aussi en avant leur insatisfaction devant le rythme des 
réformes engagées en Ukraine. 
    Certes, l'UE reconnaît que l'administration Porochenko a mis 
en oeuvre certaines réformes en matière de politique économique 
et dans les domaines de la police et de l'énergie et ce, en 
dépit de circonstances difficiles. 
    Mais la corruption demeure omniprésente. De récentes 
déclarations ont révélé l'ampleur de l'enrichissement personnel 
de responsables ukrainiens. 
 
 (Gabriela Baczynska; Henri-Pierre André pour le service 
français, édité par Tangi Salaün) 
 
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