Sommet à quatre sur l'Ukraine mercredi à Berlin

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 (Ajoute déclarations Ayrault, Merkel, Porochenko, Peskov) 
    BERLIN, 18 octobre (Reuters) - Un sommet réunissant les 
dirigeants allemand, français, russe et ukrainien se tiendra 
mercredi à Berlin, sans grand espoir d'avancée concrète sur la 
mise en oeuvre du processus de paix dans l'est de l'Ukraine. 
    Angela Merkel a déclaré qu'il ne fallait pas attendre des 
merveilles de ce premier sommet quadripartite sur l'Ukraine 
depuis plus d'un an.  
    Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc 
Ayrault a précisé que la réunion viserait à établir un 
calendrier pour des élections dans le Donbass, la région de 
l'est de l'Ukraine en proie à une insurrection séparatiste 
prorusse depuis plus de deux ans, et à progresser sur la 
question du désengagement militaire. 
    "On avance mais il reste des questions de calendrier et de 
sécurité. Il y a une résistance du côté de l'Ukraine qui n'a pas 
confiance", a déclaré le patron du Quai d'Orsay lors d'un 
rendez-vous avec la presse diplomatique à Paris. 
    Lors d'une visite à Oslo, le président ukrainien Petro 
Porochenko a lui-même averti qu'il ne fallait pas s'attendre à 
de grandes avancées, alors que Moscou accuse Kiev de ne pas 
respecter ses obligations découlant des accords de paix de Minsk 
de février 2015. 
    "Suis-je très optimiste? Oui. Je suis très optimiste quant à 
l'avenir de l'Ukraine mais, malheureusement, pas très optimiste 
concernant la réunion de demain, mais je serais ravi d'être 
surpris", a déclaré le chef de l'Etat ukrainien. 
    Le dernier sommet quadripartite réunissant Petro Porochenko, 
la chancelière Angela Merkel et les présidents français et russe 
François Hollande et Vladimir Poutine ("format Normandie") a eu 
lieu il y a plus d'un an à Paris, dans un contexte de tensions 
déjà fortes entre Russie, Europe et Etats-Unis à propos du rôle 
de Moscou en Syrie.  
     
    LA SYRIE SERA ÉGALEMENT ÉVOQUÉE 
    Angela Merkel et François Hollande comptent également 
évoquer à Berlin le conflit syrien avec le chef du Kremlin.  
    "Etat donné la situation, je crois qu'aucune option, y 
compris celle de sanctions, ne peut être écartée", a déclaré la 
chancelière allemande à ce propos.  
    La tenue de cette réunion de Berlin a longtemps été mise en 
doute par des déclarations de François Hollande ou d'Angela 
Merkel affirmant qu'elle n'aurait pas lieu tant que des progrès 
suffisants n'auraient pas été enregistrés dans la mise en oeuvre 
des accords de Minsk.  
    De source diplomatique européenne, on estime qu'il y a peu à 
attendre de ce sommet mais qu'il est important de poursuivre le 
dialogue, d'autant plus que le dossier syrien accentue les 
tensions diplomatiques.  
    Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré qu'il 
serait utile de "comparer les notes" sur l'application des 
accords de Minsk, mais qu'il serait impossible de négocier des 
avancées concrètes.  
    "La sécurité le long de la ligne de démarcation laisse 
beaucoup à désirer, les provocations se poursuivent", a-t-il 
dit. "Bien sûr, tout cela ne facilite pas le processus de mise 
en oeuvre des accords de Minsk." 
    Dmitri Peskov s'est irrité de la diffusion d'un communiqué 
ukrainien indiquant que le sommet de Berlin servirait à "faire 
pression sur la Russie pour qu'elle respecte ses engagements". 
    Le conflit séparatiste qui a éclaté en avril 2014 dans l'est 
de l'Ukraine a fait plus de 9.600 morts. 
 
 (Michelle Martin, Andrea Shalal, Andreas Rinke à Berlin, Dmitri 
Solvyov à Moscou, John Irish à Paris, Stine Jacobsen à Oslo; 
Jean-Stéphane Brosse pour le service français) 
 
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