SOLOCAL : les patrons de filiales défendent la restructuration, le premier actionnaire votera contre

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(AOF) - A 17h demain, les actionnaires de Solocal se réuniront en Assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle ils se prononceront sur le plan de refinancement proposé par l'entreprise et déjà validé par les créanciers. A la veille de ce rendez-vous, plusieurs dirigeants de filiales de Solocal (Mappy, Ooreka, Retail Explorer, A Vendre A Louer...) ont appelé les actionnaires à voter en faveur de cette restructuration financière qui doit aboutir, après deux augmentations de capital, à la réduction de la dette actuellement de plus d'un milliard d'euros à 400 millions.

"Actionnaires, vous vous insurgez d'une prise de contrôle des créanciers. Or ils ont voté pour un projet de restructuration qui, au-delà des conséquences financières, apporte un soutien à un projet industriel qui va assurer le développement de l'entreprise et la préservation des emplois. (...) Aux petits porteurs particulièrement qui ont beaucoup perdu, nous vous demandons de choisir une solution existante qui permettra de retrouver le chemin de l'investissement dans le concret de services nouveaux utiles à nos clients", écrivent ces dirigeants dans une tribune au Huffington Post.

Pointant le rôle de "financiers opportunistes" récemment montés au capital de Solocal, les patrons des principales marques du groupe estiment que ces actionnaires n'ont pas proposé de plan alternatif "et n'offrent aucune perspective de développement à l'entreprise et à ses salariés, bien au contraire." "Faut-il rejeter le plan validé par les créanciers ? Faut-il sauter dans l'inconnu, tourner le dos à ce plan ? Notre réponse est NON", lâchent-ils.

Premier actionnaire de Solocal, récemment monté au-dessus des 5% du capital, à 7%, dans le cadre d'une action de concert, Benjamin Jayet et Philippe Besnard (et leurs sociétés BJ Invest et Pentagram Media) regrettent le ton de cette tribune qui semble dire que "ceux qui ne sont pas en faveur du plan sont les artisans du chaos". Eux-mêmes voteront contre cette restructuration.

Ces investisseurs disent se placer dans une optique industrielle de long terme, ne demandant pas de représentation au Conseil d'administration mais souhaitant apporter leur "expertise de management d'une société digitale". Benjamin Jayet et Philippe Besnard assurent qu'ils resteront "même si le plan est voté" et font savoir qu'ils sauront "prendre leurs responsabilités si la majorité des actionnaires le demandait".

"Nous ne contestons pas la nécessité de s'attaquer au problème de la dette de Solocal mais il nous semble qu'il y a d'autres moyens d'y parvenir que de brader la société. La valeur de référence retenue pour les augmentations de capital est bien inférieure à la réalité", juge Benjamin Jayet dans un entretien à AOF. Avec son coactionnaire, il fustige également un plan établi par les créanciers et les dirigeants de Solocal sans consulter les actionnaires. "Pourquoi ne pas se remettre tous autour de la table pour arriver à un accord ?", demande-t-il, appelant à un dialogue "constructif et bienveillant avec les créanciers".


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