SOLOCAL : Benjamin Jayet, premier actionnaire, prêt à se soumettre à la "démocratie actionnariale"

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(AOF) - "Ma volonté n'est pas de faire rejeter le plan de refinancement de Solocal mais d'ouvrir de nouvelles discussions pour trouver un compromis plus équilibré". Quatre jours après avoir annoncé qu'il créait une association, Les actionnaires de Solocal, et qu'il s'opposait au projet de refinancement qui sera présenté à l'Assemblée générale du 15 décembre, Benjamin Jayet met les choses au point aujourd'hui. Dans un entretien à AOF, le premier actionnaire de Solocal assure que, si le plan révisé était accepté en l'état, il n'aurait "d'autre choix que de (se) soumettre à la démocratie actionnariale".

Hier, Benjamin Jayet a présenté ses propres résolutions pour amender le plan révisé tel qu'il a été présenté par le Conseil d'administration de Solocal le 3 novembre dernier. Il demande notamment l'attribution de 7 actions gratuites pour une détenue aux actionnaires et l'instauration d'un "lock-up" de 3 ans pour les créanciers afin d'éviter une "vente agressive" du groupe.

Benjamin Jayet explique avoir été "surpris et déçu" que l'association RegroupementPPLocal soutienne un plan ne comportant que "des amendements à la marge" par rapport au plan initial rejeté par l'Assemblée générale du 19 octobre. Benjamin Jayet et RegroupementPPLocal s'était alliés à cette occasion pour empêcher que ce projet soit accepté.

"J'avais demandé à Alexandre Loussert (président de RegroupementPPLocal) et Arnaud Marion (qui soutenait également la fronde) d'être activement associé aux discussions autour d'un nouveau plan. Mais aucun d'eux, ni le directeur général de Solocal Jean-Pierre Rémy ne m'ont jamais invité", assure Benjamin Jayet. Pour autant, "ils ne sont pas mes adversaires. Je veux être leur allié pour aider la société" ajoute-t-il.

En réaction à la création de son association, la direction de Solocal a fustigé mercredi soir un "déni de réalité de l'urgence" et Jean-Pierre Rémy a menacé d'annuler l'AG du 15 décembre, ce qui aurait pour effet de lancer la procédure de redressement judiciaire. Tout en mettant ces déclarations sur le compte de l'"affolement", Benjamin Jayet répond que "ni Jean-Pierre Rémy, ni les créanciers n'ont le pouvoir de mettre Solocal en redressement judiciaire. Seul le Tribunal de Commerce peut le décider. S'il est théoriquement possible, je ne crois pas que le redressement judiciaire aura lieu, notamment parce que la société est saine avec ses 270 millions d'euros de bénéfice opérationnel annuel. Actionnaires et créanciers auraient tout à perdre en cas de redressement judiciaire, tout le monde à donc intérêt à l'éviter".

Et à la question de savoir s'il pourrait se présenter comme repreneur à la barre du Tribunal de Commerce si Solocal venait à s'y retrouver, le premier actionnaire assure qu'il n'a "jamais racheté de société au tribunal" et qu'il ne va "pas commencer avec Solocal".

Enfin, mis en cause hier par les créanciers de Solocal, Benjamin Jayet réfute les accusations de vision court-termiste : "Je suis accusé de prédateur par des fonds anglo-saxons intéressés par le seul profit alors que j'ai acheté et développé des entreprises et créé de la valeur. Les fonds n'apportent pas de vision industrielle dans le digital et sont prêts à lâcher la société. Je ne lâcherai pas Solocal".

"Plutôt que d'être dans la menace (les créanciers ont menacé hier d'exiger le remboursement des dettes si le plan était rejeté ou l'AG annulée), il serait de bon aloi de discuter", conclut Benjamin Jayet.


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