Soixante prisonniers politiques à Cuba selon la commission des droits de l'homme

le , mis à jour à 23:28
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LA HAVANE, 19 juin (Reuters) - La Commission cubaine des droits de l'homme et de la réconciliation nationale a accusé vendredi le gouvernement de détenir 60 prisonniers politiques. Dans un rapport, le premier depuis la libération de 53 détenus dans le cadre des négociations secrètes menées avec les Etats-Unis qui ont abouti mi-décembre à l'annonce d'une normalisation, la principale organisation cubaine des droits de l'homme admet qu'un certain nombre de ces 60 détenus ont été impliqués dans des faits d'insurrections armés ou d'espionnage mais souligne qu'une vingtaine d'autres au moins sont des militants pacifiques. Onze sont par ailleurs en liberté conditionnelle avec interdiction de quitter Cuba, ajoute la commission. Le gouvernement communiste de l'île affirme qu'il n'y a aucun prisonnier politique et dénonce les amalgames faits entre criminels de droit commun ou contre-révolutionnaires et cas politiques. Selon Elizardo Sanchez, qui dirige la commission, certains détenus présents sur cette liste ont certes commis des violences mais n'ont pas eu droit à un procès équitable ou ont reçu des peines de prison excessives du fait de raisons politiques. "La grande majorité sont des prisonniers en raison de leur position politique, de leurs opinions, de leurs convictions", a-t-il dit. "Il est vrai qu'il n'y a plus 15.000 prisonniers politiques comme c'était le cas il y a quarante ou cinquante ans. Avant, la répression était construite sur de longues peines de prison. Aujourd'hui, elle s'appuie plutôt sur des détentions courtes, quelques jours voire quelques heures. La forme a changé." Sur le mois de mai, note ainsi la commission, 641 personnes ont été brièvement interpellées avant d'être relâchées. (Daniel Trotta; Henri-Pierre André pour le service français)

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