Sociétés de gestion entrepreneuriales : les sélectionneurs de fonds abordent sereinement le risque

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(NEWSManagers.com) - L'écosystème de la gestion française compte énormément de petites structures. 76 % des sociétés de gestion comptent ainsi moins de 20 salariés, a rappelé Fitch Ratings lors d'une conférence à Paris ce mercredi. Investir dans les fonds d'une petite société de gestion est-il plus risqué que de choisir le produit proposé par une plus grande structure ? Les membres de la table ronde qui était consacrée aux sociétés de gestion entrepreneuriales estiment généralement que non. Concernant le risque opérationnel, " il a presque totalement disparu, grâce au recours à l'externalisation pour un certain nombre d'opérations" , indique Nicolas Duban, président de Next AM, filiale de la Française spécialisée dans l'incubation des petits asset managers. Il n'en demeure pas moins que les petites structures n'ont pas vocation à le rester. " Et c'est là qu'elles ne sont souvent pas bien armées" , analyse Nicolas Duban, pour qui " de nombreuses petites sociétés de gestion ne savent pas se vendre ou mettre leurs qualités en avant" . A elles de faire des efforts sur le marketing, la distribution et le commercial pour gagner en importance.

Du côté d' Invesco, Bernard Aybran, directeur général délégué, indique effectuer une due diligence un peu différente pour les petites sociétés que pour les plus grandes maisons. Pour obtenir des informations de type " corporate" , les informations n'ont pas toujours aisément disponible, ce qui demande davantage de recherche et de temps. " Nous enquêtons également de manière plus approfondie sur le pedigree des gérants et plus généralement sur les aspects plus humains au lieu d'examiner la structure dans son ensemble" , précise Bernard Aybran.

Pour un investisseur institutionnel, l'approche est la même. Jean-Claude Guimiot, directeur général délégué d' Agrica Epargne, cite notamment l'importance du risque de réputation, qui demande un suivi spécifique sur les questions de morale par exemple. En amont, il fait attention au passé professionnel des gérants et à leurs qualités reconnues. Parallèlement, il s'agit pour Agrica Epargne de s'assurer " de la stabilité financière de la structure et de la durabilité de la gestion proposée par la société de gestion" .

Souvent entrepreneuriales, les petits asset managers portent parfois le nom de leur fondateur ou reposent sur la réputation professionnelle et l'expérience d'un personnage " clé" . Ce " key man risk" est-il plus présent au sein de ces petites structures? Pour Bernard Aybran, il est certain que si de nombreuses petites sociétés de gestion ont mis en place des équipes et des plans de secours pour atténuer l'effet " key man risk" , c'est souvent encore un " homme orchestre" qui se trouve à la tête de la société de gestion et qui gère les portefeuilles tout en s'occupant de la vie quotidienne de l'entreprise. " Pour nous qui sommes sélectionneurs de fonds, il est donc important d'identifier quels sont les points forts et les points faibles de ce personnage et que tout soit mis en oeuvre au sein de la société pour qu'il intervienne principalement là où il est bon, ce qui n'est pas évident si cette personne a plusieurs casquettes" , explique le directeur général délégué d' Invesco. " Le key man risque nous paraît donc plus important que dans une plus grande structure, où les professionnels ont davantage un profil d'ouvrier spécialisé" , ajoute-t-il.

Jean-Claude Guimiot estime pour sa part que le poids de l'homme clé est tout aussi important dans de nombreuses grandes sociétés, " bien qu'il soit plus déguisé" , souligne-t-il. " Même dans les grandes sociétés de gestion, où l'on se cache derrière un process et des méthodes de gestion, il y a un homme clé, celui qui déplace le curseur. De ce que je peux dire de mon expérience avec les grands asset managers, c'est que derrière les modèles il y a toujours une personne qui manipule ces modèles" , ajoute Jean-Claude Guimiot. Et de préciser que lorsqu'on est investisseur dans une petite société de gestion , " on n'est pas ficelé à un OPCVM, on peut sortir" . Des liens qui, selon le directeur général délégué d' Agrica Epargne, sont parfois plus difficiles à rompre avec des grandes maisons auxquelles on est lié traditionnellement.

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