Société générale dubitative sur les objectifs de ses rivales

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SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DOUTE DES OBJECTIFS DES BANQUES CONCURRENTES
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DOUTE DES OBJECTIFS DES BANQUES CONCURRENTES

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Les banques européennes qui visent des rentabilités des capitaux propres (ROE) autour de 15% d'ici à deux ans pourraient éprouver des difficultés à atteindre leurs objectifs compte tenu de l'environnement économique actuel, a observé mercredi Frédéric Oudéa, PDG de la Société générale.

La banque française, qui a décidé en mai d'engager 900 millions d'euros de nouvelles compressions de coûts d'ici à 2015, veut pour sa part afficher à cette date un ROE de 10%. (voir et )

Comme bon nombre d'autres établissements de crédit, la Société générale doit s'adapter à une conjoncture encore difficile en Europe et se conformer à des normes prudentielles plus exigeantes.

De grandes banques comme la suisse UBS ou la britannique HSBC ont toutefois communiqué aux investisseurs des objectifs de ROE plus élevés que celui de la Société générale, fixés respectivement pour 2015 à environ 17% et 15%.

"Dans le type d'environnement qui est le nôtre, j'ai des doutes sur la capacité de nombreuses banques à afficher un ROE de 15% après impôts dans deux ans", a fait valoir Frédéric Oudéa au cours d'une conférence organisée à Londres par Bank of America Merrill Lynch.

"Mon avis est plutôt que si nous pouvons atteindre ça (un ROE de 10%, NDLR), c'est une très bonne base à partir de laquelle nous pouvons progresser", a-t-il ajouté.

La Société générale veut croire que son positionnement en Europe de l'Est et en Russie lui permettra de gonfler ses profits.

En Russie, où la filiale du groupe, Rosbank, peine à dégager des bénéfices solides, le groupe veut afficher un ROE de plus de 15% d'ici à 2015.

Pour y parvenir, la banque devra tourner la page de l'arrestation, en mai, de l'ancien directeur général de Rosbank, Vladimir Goloubkov, dans le cadre d'une affaire de corruption présumée et abaisser le coefficient d'exploitation de sa filiale, plus élevé que ceux de ses concurrentes locales comme VTB ou Sberbank. et ECLAIRAGE

Dans les diapositives de sa présentation, la Société générale a annoncé avoir réduit d'environ 600 millions d'euros ses actifs "non investment grade", héritage de la crise de 2008, entre juin et septembre. Ces derniers totalisent selon elle environ 1,2 milliard d'euros à fin septembre.

Edité par Jean-Michel Bélot

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