Société générale déprécie en Russie, mais reste confiante

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SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DÉPRÉCIE EN RUSSIE
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DÉPRÉCIE EN RUSSIE

par Matthias Blamont et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Société générale a estimé mercredi que ses perspectives restaient favorables en Russie après avoir publié des résultats trimestriels marqués par une importante dépréciation dans ce pays, notamment en raison de la situation en Ukraine.

La banque française, qui contrôle en Russie presque 100% de Rosbank, a été contrainte de passer une dépréciation d'écart d'acquisition (goodwill) dans ses comptes du premier trimestre de 525 millions d'euros, conséquence du ralentissement de l'économie russe, de la baisse des parités de change rouble-euro et d'une hausse de la prime de risque associée à un pays sous forte pression internationale.

Depuis la fin du mois de février, des manifestations pro-russes ont éclaté dans de nombreuses villes de l'est et du sud de l'Ukraine en réaction au mouvement de protestation Euromaïdan, lequel a précipité la chute du gouvernement pro-russe de Viktor Ianoukovitch.

Le rouble a reculé de près de 10% face à l'euro depuis le 1er janvier. Du fait des sanctions internationales imposées à Moscou pour son rôle dans la crise ukrainienne, le Fonds monétaire international estime que l'économie russe est en récession.

Vers 9h30, l'action Société générale recule de 1,9% à 43,04 euros à la Bourse de Paris tandis que l'indice sectoriel des banques de la zone euro cède 0,79%.

"Le groupe a renforcé sa participation dans sa filiale Rosbank (dont elle détient 99,4%, NDLR) au cours du premier trimestre 2014 et reste confiant dans ses perspectives à moyen et long termes", explique Société générale dans un communiqué.

INCERTITUDES

Présente en Russie depuis plusieurs années, le groupe français veut croire au formidable potentiel, du moins en théorie, qu'offre le marché bancaire local. La Société générale estime ainsi à 50% le taux de "bancarisation" du pays alors qu'il atteint presque 100% en Chine.

Au premier trimestre, le PNB de Société générale en Russie s'inscrit d'ailleurs en hausse à périmètre et taux de change constants, de 8,3%, à 277 millions d'euros. Mais sous l'effet de l'augmentation du coût du risque, le résultat net est à l'équilibre et plonge dans le rouge une fois intégrée la dépréciation.

"Le groupe présentera le 13 mai sa stratégie de développement à trois ans en Russie qui conforte la capacité à atteindre en 2016 une rentabilité satisfaisante dans un scénario d'apaisement progressif des tensions", souligne la banque dans son communiqué.

Dans une présentation, elle évoque un objectif de taux de rendement des capitaux propres (ROE) supérieur à 10% en 2016 alors qu'elle espérait jusqu'ici le porter à plus de 15% en 2015.

Au titre des trois premiers mois de l'année, le résultat net comptable de Société générale, qui tient compte de la dépréciation en Russie, recule de 13,3% à 315 millions d'euros. Le produit net bancaire progresse pour sa part de 14% à 5,68 milliards.

Les analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un résultat net de 911,2 millions d'euros et un produit net bancaire de 6,11 milliards.

En France, les revenus de la banque de détail sont restés stables (+0,1%) tandis que le résultat net monte de 20,8% à 323 millions d'euros. Le pôle qui rassemble la banque de financement et d'investissement, la gestion d'actifs et les métiers titres a vu ses revenus reculer et son résultat fondre de 15,2% à 481 millions d'euros.

Le coût du risque signe une baisse de près de 30%, une bonne surprise pour plusieurs analystes, alors qu'il a progressé de près de 20% chez BNP Paribas.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

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