Société générale confiante sur Bâle III malgré son 3e trimestre

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PARIS (Reuters) - Société générale a annoncé jeudi que les efforts de réduction de bilan engagés ces derniers mois lui permettraient d'atteindre ses objectifs de solvabilité en 2013 après avoir publié des comptes trimestriels plombés par de nouvelles charges et moins-values.

La banque française, dont la solidité financière est régulièrement jugée plus faible que celle de sa grande concurrente BNP Paribas par les analystes, précise dans un communiqué être en capacité d'atteindre un ratio "common equity tier 1" sous Bâle III compris entre 9 et 9,5% à la fin de l'an prochain.

La Société générale souligne qu'avec 16 milliards d'euros d'actifs vendus depuis juin 2011, le programme de cessions de sa banque de financement et d'investissement (BFI) est terminé et que les annonces des ventes de ses filiales et participations au troisième trimestre lui permettront d'améliorer encore son profil de risque à l'heure où la récession menace en Europe.

Le groupe a de fait annoncé le 19 octobre la vente de sa filiale grecque Geniki, déficitaire, à Piraeus Bank pour un million d'euros après un accord intervenu en août pour la reprise, par le fonds d'investissement américain Carlyle, du gestionnaire d'actifs californien TCW.

Lors d'une interview accordée à Reuters Insider, le PDG Frédéric Oudéa a estimé que la croissance mondiale resterait molle en 2013, "avec une incertitude majeure aux Etats-Unis au début de l'année du fait du mur budgétaire (fiscal cliff)."

"Dans la zone euro, il n'y a pas de miracles à attendre", a-t-il ajouté.

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance mondiale de 3,3% en 2012 contre une précédente estimation de 3,5%, ce qui serait le rythme le plus faible depuis 2009.

Pour 2013, le FMI table sur une croissance de 3,6%.

RÉTABLISSEMENT DE L'ACTIVITÉ TAUX

Marqué par deux éléments exceptionnels, la réévaluation de la dette du groupe et des valorisations des couvertures de son portefeuille de crédit, le produit net bancaire de Société générale recule de 18,3% sur la période juillet-septembre à 5,39 milliards d'euros.

Les analystes interrogés par Reuters anticipaient en moyenne un PNB de 5,5 milliards. En excluant ces éléments, les revenus de la banque affichent une progression de 8,7%.

Le résultat net diminue de 86,3% à 85 millions d'euros, grevé notamment par des moins-values de cessions comptabilisées à hauteur de 235 millions en Grèce (Geniki) et aux Etats-Unis (TCW). Les analystes prévoyaient en moyenne un résultat net de 139,1 millions.

L'activité de banque de détail en France, au point mort au deuxième trimestre, affiche un PNB en repli de 0,5% sur un an tandis que celle des réseaux à l'international augmente de 1,6% avec une progression remarquée en Russie (+8,2%).

Les revenus issus du segment obligataire, des changes et des matières premières, affectés au troisième trimestre 2011 par le retrait massif des fonds monétaires américains sur le marché interbancaire au plus fort de la crise de la dette souveraine, sont pour leur part multipliés par plus de quatre à 678 millions d'euros.

UBS a dévoilé le 30 octobre un plan visant à cesser ses activités de "fixed income", une opportunité pour ses concurrentes françaises et européennes qui devraient logiquement chercher à renforcer leurs parts de marché au cours des prochaines semaines.

Deutsche Bank, qui a fait état lors de la publication de ses comptes trimestriels d'une croissance de 67% de ses revenus sur le marché de la dette, a prévenu qu'elle chercherait à fidéliser les clients d'UBS.

Matthias Blamont, Lionel Laurent, édité par Pascale Denis

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