Sochaux-OM : Lionceaux, suivez les guides !

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Avant la demi-finale de Coupe de France entre Sochaux et Marseille mercredi soir (21h00), Football365 a réuni quatre anciens finalistes de coupe du club sochalien pour comprendre comment aborder ce gros rendez-vous. Entretien croisé avec Faruk Hadzibegic, Jean-Christophe Thomas, Teddy Richert et Johann Lonfat.

Faruk Hadzibegic a encore les yeux qui pétillent lorsqu’il évoque le FC Sochaux. Son premier club en France, avant une courte pige à Toulouse, au sein duquel il a évolué pendant sept ans. Une longue et belle expérience qui a commencé de façon royale. Dès sa première saison dans le Doubs, alors que le club évoluait en deuxième division, le défenseur bosnien avait atteint la finale de la Coupe de France. « Tout au long du parcours on avait battu des équipes de D1 alors qu’à l’époque, c’étaient des matchs aller-retour (ndlr : PSG, Montpellier, Lens et Nice). On avait passé tous ces obstacles et on était arrivé dans ce stade mythique qu’est le Parc des Princes. C’est un souvenir spectaculaire », sourit l’actuel entraîneur de Valenciennes. « Le club repartait après une ou deux années difficiles en D1 donc on était quasiment une équipe du centre de formation, avec quelques cadres comme Hadzibegic ou Bazdarevic, se souvient de son côté Jean-Christophe Thomas. On avait des valeurs de combativité et on avait la volonté de ne pas se prendre pour ce qu’on n’était pas. Par contre, on était aussi sûr de notre football. On pratiquait vraiment un beau football et on s’appuyait là-dessus pour réussir nos matchs. A l’époque, ce jeu à la sochalienne avait réputation un peu partout. »

Thomas : « En 1988, on était aussi en L2 mais on caracolait en tête »

Le parcours actuel de Sochaux en Coupe de France présente des similitudes avec l’épopée de 1988. A l’époque déjà, les jeunes Sochaliens jouaient en deuxième division et s’étaient hissés en finale en sortant quatre clubs de l’élite. Cette saison, les hommes d’Albert Cartier ont déjà coupé la tête de trois formations de Ligue 1 (Bastia, Monaco et Nantes). « C’est une équipe en difficulté en L2, ce qui n’était pas notre cas à l’époque puisqu’on caracolait en tête », nuance cependant Jean-Christophe Thomas, qui ne veut pas comparer les deux parcours. Un autre point commun unit cependant les parcours de 1988 et de 2016 : la jeunesse des effectifs. Pas un hasard si Sochaux doit s’appuyer sur son centre de formation quand il traverse des périodes moins fastes. Une inexpérience qui pourrait handicaper les Jaune et Bleu en demi-finale contre Marseille. « Ça peut les desservir un petit peu, estime Johann Lonfat, vainqueur de la Coupe de la Ligue 2004 et de la Coupe de France 2007 (contre l’OM) avec Sochaux. Mais dans ces matchs couperet, l’enthousiasme est aussi important. C’est le propre de la Coupe, il ne faut pas trop calculer. Il faut de l’audace, de l’insouciance, ce qu’on a avec un effectif jeune. Après, il faut aussi savoir bien gérer ces matchs avec des moments forts, des moments faibles, savoir serrer les boulons parfois, se lâcher à d’autres moments. »

Hadzibegic : « La folie instantanée peut faire la différence »

« Pour aborder ce genre de match, l’expérience peut faire beaucoup avant le match dans la préparation. Mais il y a un staff expérimenté pour ça. Sur le terrain, pas plus que cela. C’est surtout dans la préparation qu’on peut faire passer des messages importants, précise Teddy Richert, héros des deux épopées de 2004 et de 2007. Certains dans le staff ont vécu ces victoires en coupe et quand on vit ce genre d’expérience, on connait les petits moments importants dans la préparation et les messages qui peuvent être passés. » « Un match de coupe est toujours bizarre, imprévisible. Sochaux n’est pas dans sa meilleure époque mais tout est possible, renchérit Faruk Hadzibegic. La folie instantanée des joueurs peut faire la différence. Et puis il faut s’appuyer sur les valeurs du club. J’ai connu les bonnes périodes de la famille Peugeot et aujourd’hui, ce n’est pas pareil. C’est difficile à comparer mais je peux dire qu’à l’époque, les valeurs étaient le respect du maillot, le respect de la famille Peugeot, le respect de toute une région. Il y avait un devoir moral et une question de prestige. »

Lonfat : « Marseille ? Je me méfie des bêtes blessées »

En face, Marseille se présente dans un contexte morose. Privé de victoire en championnat depuis deux mois, le club s’est séparé de Michel mardi et joue sa saison sur ce déplacement dans le Doubs. Une bonne nouvelle ou un danger, les anciens Sochaliens restent partagés sur la question. « Je pense que ça peut être dangereux pour Sochaux, estime Lonfat. C’est une équipe aux abois qui aura à cœur de tout miser sur une finale de Coupe de France. C’est la carte qu’ils vont jouer à fond, peut-être plus que s’ils étaient déjà troisièmes ou quatrièmes du championnat et assurés d’être européens. Je me méfie toujours des bêtes blessées. Ça va être un gros morceau. En plus, il n’y a plus l’effet de surprise car Sochaux vient d’éliminer trois adversaires de Ligue 1 », ajoute l’ancien international suisse. « La Coupe de France reste leur seul gros objectif. Ils ont une grosse pression, ça peut jouer en faveur des Sochaliens, nuance Richert. En plus, il va leur manquer des hommes clés également (ndlr : Nkoulou, Diarra et Isla). »

Richert : « Sochaux, c’est toute une histoire »

Celui qui s’occupe désormais des gardiens du centre de formation de Toulouse aura droit à son petit moment d’émotion mercredi soir. Le club sochalien l’a en effet convié pour donner le coup d’envoi fictif de la rencontre. « J’ai passé onze ans à Sochaux donc j’ai été très marqué par tout ce que représente le FCSM. L’histoire, l’environnement, la maison Peugeot, les salariés de l’usine… C’est toute une histoire, une région passionnée par le football. Même si c’est une ville éloignée de tous les autres grands clubs de Ligue 1, c’est un club avec beaucoup de passion et qui a formé de nombreux joueurs professionnels. » Faruk Hadzibegic, lui, se trouve dans une situation inconfortable vis-à-vis de son ancienne équipe. Entraîneur de Valenciennes, il est en concurrence avec le FCSM dans la course au maintien. Une concurrence qu’il rangera au placard pour quelques heures mercredi. « Je suis supporter de Sochaux sur ce match-là. Cela ne souffre d’aucune contestation. Mon souci, c’est que Valenciennes reste en Ligue 2 la saison prochaine mais sur ce match-là, je suis entièrement derrière Sochaux. » Comme 20 000 personnes attendues dans le stade qui jouxte les usines Peugeot. Car ce premier Sochaux-Marseille depuis deux ans se jouera à guichets fermés.    
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