Sochaux-Nantes, une affiche particulière pour Sylvain Monsoreau

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Ce mercredi soir (19h00), Sochaux affronte Nantes en quart de finale de la Coupe de France. Il y a douze ans, le FCSM avait battu les Canaris en finale de la Coupe de la Ligue. Ce soir-là, Sylvain Monsoreau avait marqué au Stade de France. Il revient sur ce titre et sur son attachement au club doubiste.

Sylvain Monsoreau, Sochaux affronte Nantes en quart de finale de la Coupe de France mercredi. Une affiche évocatrice pour vous qui aviez marqué lors de la finale de Coupe de la Ligue remportée par le FCSM en 2004 (1-1, 5 tab à 4)…
C’est toujours un grand souvenir. Dans ma carrière, Sochaux représente beaucoup parce que c’est mon club formateur, on y a vécu quelques belles années. Cette Coupe de la Ligue 2004 était un peu le couronnement d’une belle saison, sachant qu’on était déjà allés en finale l’année d’avant et qu’on avait perdu (contre Monaco, ndlr). Je me souviens qu’à l’époque, Jean-Claude Plessis nous avait dit que ce n’était pas grave, qu’on y retournerait l’année d’après. C’est ce qui s’est produit et c’était le couronnement d’une génération.

Il fallait un trophée pour matérialiser le parcours de cette belle génération sochalienne (Frau, Pedretti, Mathieu…) ?
Oui, il fallait un trophée. C’est une époque qui avait commencé avec Jean Fernandez quand on est remonté en Ligue 1. Ensuite, il y a eu l’arrivée de Guy Lacombe qui nous a tous fait progresser pendant trois saisons. Il y avait beaucoup de joueurs du centre de formation donc on était tous potes, on se connaissait très bien. On avait un gros collectif. Gagner un trophée tous ensemble, c’est quelque chose qui est encore là aujourd’hui, on en parle quand on se croise. C’est un beau souvenir qu’on a en commun. Grâce à ce trophée, ces trois-quatre années sont palpables. Je me souviens qu’il y avait une vraie effervescence à Sochaux à l’époque, il ne pouvait pas nous arriver grand-chose à domicile. Et pour une ville comme Sochaux, c’était quelque chose de superbe.

« C’était génial de rendre tous ces gens heureux »

Lors de cette finale contre Nantes, c’est vous qui égalisez de la tête. Que ressentez-vous à ce moment-là ?
J’étais content. C’était à Paris, je suis parisien donc il y avait toute ma famille. On avait un peu peur avant le match après la finale de 2003 où on avait pris le bouillon contre Monaco. En se retrouvant menés après quinze minutes de jeu, on était mal partis et puis sur un coup de pied arrêté de Benoit Pedretti, Souleymane Diawara dévie le ballon et je conclus au deuxième poteau. Une très grande émotion. En plus, j’avais été blessé un mois avant à la cuisse, je ne savais pas trop où j’en étais, j’avais un peu d’appréhension. Et le fait de marquer a permis à l’équipe de revenir dans le match et d’aborder plus sereinement la suite de la rencontre. C’était une belle soirée, avec du suspense jusqu’au bout, et c’est pour ça que l’émotion était encore plus intense.

Le seul regret, n’est-ce pas cet horrible maillot gris qui gâche les photos souvenirs ?
(Il rigole) Oui, c’est vrai que Sochaux, c’est plutôt jaune et bleu ! Mais bon, ça reste un détail. Le stade était rempli, tout en jaune, pour moi ça reste un grand souvenir. Sochaux est une petite ville qui est beaucoup articulée autour du football donc c’était génial de rendre ces gens heureux. L’accueil en rentrant, on ne l’a pas oublié non plus.

Après votre départ de Sochaux pour Lyon, beaucoup voyaient en vous un futur international. Comment expliquez-vous que votre carrière n’ait pas vraiment décollée ?
Ce n’est pas évident. J’avais fait des belles saisons à Sochaux et j’ai choisi de poursuivre ma carrière à Lyon. J’étais en contact avec le Werder Brême, peut-être que ça aurait été plus facile pour moi là-bas. Car à l’époque, c’était le grand Lyon et je n’avais peut-être pas considéré la concurrence qu’il pouvait y avoir. Le fait qu’il y ait Pierre-Alain Frau et Benoit Pedretti à Lyon à ce moment m’avait influencé. J’étais content d’être avec mes potes et de rester en France. Et à l’époque, Lyon, c’était le PSG d’aujourd’hui donc même si vous n’êtes pas sûr de jouer, vous n’hésitez pas une seconde. J’ai fait quand même 25 matchs sur la saison, ce n’est pas catastrophique. Ça m’a aussi permis de décrocher un titre et de goûter au très haut niveau, donc pour ça je ne regrette pas. International, ça dépend de tellement de choses et les joueurs en place étaient très forts, ce n’était pas forcément facile de s’imposer. Je n’avais pas le niveau en termes d’engagement physique pour aller au-dessus. Techniquement, j’étais bien mais physiquement…

« La vente de Sochaux, ça m’a fait de la peine »

Vous attendiez-vous à ce que douze ans après la finale de la Coupe de la Ligue, il y ait un tel fossé entre Nantes et Sochaux ?
C’est un peu le problème de Sochaux. C’est un club cyclique. La descente en Ligue 2 a fait du mal au club. Quand on descend, pour un club comme Sochaux, ce n’est pas évident de remonter. Et quand on s’enlise, on perd ses meilleurs joueurs, la formation n’a plus les mêmes résultats, et on en arrive là. Je pense que le départ de Peugeot a aussi donné un coup au moral du club. Dans le football aujourd’hui, il faut avoir des moyens et beaucoup d’argent pour pouvoir exister et ce n’est pas le lot de Sochaux aujourd’hui.

Vous qui avez baigné dans ce milieu, qui vous êtes entraîné à côté de l’usine pendant plusieurs années, comment avez-vous vécu le départ de Peugeot ?
Ça m’a fait de la peine. C’est le club de la famille Peugeot… On s’entraînait à côté de l’usine, on côtoyait des gens qui y travaillaient, chaque année on allait visiter l’usine Peugeot pour nous imprégner de la difficulté de leur travail, de se rendre compte de l’enjeu pour eux. A l’époque, Sochaux est un club qui avait été construit pour distraire les ouvriers donc le fait que Peugeot quitte le club, ça fait mal au cœur. Je ne connais pas toutes les raisons mais on aurait aimé que Peugeot continue avec le club et l’aide à rebondir comme cela avait été le cas dans les moments passés.

Un pronostic pour ce quart de finale ?
Déjà, j’espère qu’il y aura du monde à Bonal. J’ai suivi Sochaux, j’ai regardé les matchs de Ligue 2 et ça fait mal au cœur de voir le stade un peu déserté. J’espère que le stade sera rempli et que Sochaux gagnera ce match, ne serait-ce que pour ses supporters, et qu’ils arriveront à s’en sortir en championnat.

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