Socgen voit ses profits augmenter malgré un 1er trimestre rude

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PROFITS TRIMESTRIELS EN HAUSSE POUR SOCGEN
PROFITS TRIMESTRIELS EN HAUSSE POUR SOCGEN

par Julien Ponthus et Maya Nikolaeva

PARIS (Reuters) - Société générale a annoncé mercredi avoir traversé le premier trimestre 2016 avec des profits en hausse grâce, comme sa rivale BNP Paribas, à sa banque de détail qui a compensé les difficultés rencontrées par sa banque d'investissement durant les deux mois de tempête boursière.

"Le début du trimestre a été marqué par la montée des inquiétudes concernant l’économie chinoise et par la poursuite de la baisse du cours du pétrole, ayant conduit à des perturbations sur les marchés actions", explique dans un communiqué la banque française, qui lance pour sa division Activités de marché un volet d'économies supplémentaires de 220 millions d’euros à fin 2017.

Ce plan s'ajoute à celui toujours en cours qui vise à économiser 850 millions sur la période 2015-2017 sur l'ensemble du périmètre de la banque.

"Au total, le groupe aura donc engagé des plans d’économies annuelles à hauteur de 2 milliards d’euros sur la période 2012-2017", résume la banque dans son communiqué.

Le résultat net de Socgen pour les trois premiers mois de l'année s'affiche à 924 millions d’euros, en hausse de 6,5%, alors que cinq analystes interrogés par Reuters s'attendaient en moyenne 801 millions d'euros, soit une baisse de 7,7%.

Hors éléments non récurrents, les profits sont en très légère baisse à 829 millions d’euros, contre 833 millions au premier trimestre 2015.

Le coût du risque, soit les provisions pour des crédits risquant de ne pas être remboursés, a favorablement pesé, avec une baisse de 14,5% à 524 millions d’euros.

La Banque de détail en France, qui regroupe, outre l'enseigne Société générale, la banque en ligne Boursorama et Crédit du Nord, a vu sa contribution aux bénéfices du groupe augmenter de 17,6% à 328 millions d'euros.

Le pôle de la banque de détail à l'international (Europe, Afrique et Russie), de l'assurance et des services financiers spécialisé comme le leasing a vu ses profits doubler à 300 millions d'euros, grâce notamment à la forte baisse du coût du risque.

A l'inverse, les bénéfices dégagés par la banque de financement et d'investissement ont reculé sur la période de 14,7% à 454 millions d'euros, avec des performances difficiles pour les activités de marchés, la gestion d'actifs et la banque privée.

Le groupe a renforcé ses fonds propres durant le trimestre et affiche un ratio Core Equity Tier One à 11,1% à la fin mars, contre 10,9% à la fin de l'année dernière.

"LE GROUPE EST CONFIANT"

"Le groupe est confiant dans ses perspectives pour l’année 2016", déclare dans un communiqué de presse le directeur général Frédéric Oudéa, alors que d'autres banques européennes comme HSBC, Commerzbank ou UBS ont toutes enregistré des résultats en baisse.

Si de nombreuses banques européennes ont annoncé des plans de restructuration massifs ou l'abandon de pans entiers d'activités, les établissements français n'ont opéré, pour l'heure, aucun repli stratégique majeur mais réduisent progressivement et continuellement la voilure en termes d'emplois.

La Société générale, qui a déjà annoncé en avril la suppression de 125 postes dans sa banque de financement et d'investissement, a présenté en mars un plan de réorganisation de ses plates-formes de traitements des opérations clients en France qui se traduira par la suppression d’environ 550 postes sur cinq ans.

Socgen, qui souffre comme ses concurrentes d'un environnement de taux d'intérêt bas en Europe, a aussi annoncé cet automne un plan de digitalisation qui doit lui permettre de recruter en France 100.000 particuliers nets par an d'ici 2020, période qui sera marquée par la fermeture de 20% de ses agences.

La banque traverse par ailleurs une période difficile en termes de relations publiques après avoir été mise en première ligne des banques françaises après l'éclatement du scandale de fraude fiscale des "Panama papers" et la sortie en juin d'un film sur son ancien trader Jérôme Kerviel.

Le directeur général Frédéric Oudéa sera entendu le 11 mai par la commission des Finances du Sénat après les révélations sur des liens entre sa banque et le cabinet panaméen Mossack Fonseca, spécialisé en montage de sociétés offshore dans des paradis fiscaux.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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