SocGen prudente pour 2012 après un trimestre sous les attentes

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SOCIÉTÉ GÉNÉRALE SOUS LES ATTENTES AU 4E TRIMESTRE
SOCIÉTÉ GÉNÉRALE SOUS LES ATTENTES AU 4E TRIMESTRE

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - Société générale, qui a publié jeudi des résultats trimestriels inférieurs aux attentes en raison de pertes accrues dans ses activités de banque de financement et d'investissement (BFI), a déclaré rester prudente pour cette année et s'attend à un environnement encore volatil.

La banque explique avoir passé une nouvelle provision de 162 millions d'euros sur la dette publique grecque au dernier trimestre 2011, portant son provisionnement à 75%, comme sa concurrente BNP Paribas.

Dans la BFI, en cours de restructuration du fait de la crise, le groupe affiche une perte nette de 482 millions d'euros.

Son bénéfice net trimestriel ressort ainsi en chute de 88% à 100 millions d'euros.

Mercredi, BNP Paribas a fait état de résultats supérieurs aux attentes au quatrième trimestre. Outre des propos rassurants des dirigeants sur 2012, les analystes soulignent que la banque de financement et d'investissement de la BNP a mieux résisté à la crise que ses principaux concurrents.

"Il faut être prudent parce que je crois que l'environnement va rester volatil en 2012, mais le début de l'année a été bon dans les activités de marchés", a déclaré à Reuters Frédéric Oudéa, le PDG de la banque.

"Nous aurons en 2012 certainement encore des coûts de deleveraging (réduction de bilan, NDLR), a-t-il ajouté. Nous allons continuer à céder des actifs en 2012. Nous allons continuer à travailler sur notre bilan."

A la Bourse de Paris, l'action Société générale, qui avait ouvert en baisse, gagnait 0,54% à 22,49 euros vers 12h45, surperformant l'indice sectoriel bancaire, en baisse de 1,46% au même moment.

Les analystes de Nomura relève dans leur note que les résultats sont inférieurs aux attentes mais que la banque a néanmoins fait mieux que prévu au niveau du capital.

"En absolu, le niveau de capital est plus faible que celui de BNP Paribas, notent-ils. Mais l'amélioration sur le capital est plus significative compte tenu de là où vient la SocGen."

Le consensus réalisé par la rédaction de Reuters tablait sur un résultat de 190 millions d'euros pour les trois derniers mois de 2011, soit une chute de 78%, intégrant une perte de seulement 81 millions d'euros dans la BFI.

PAS D'AUGMENTATION DE CAPITAL

Comme BNP Paribas, la Société générale a indiqué être en avance de six mois sur les exigences de l'Autorité bancaire européenne concernant les besoins de recapitalisation des banques du Vieux continent, avec un ratio de fonds propres de 9% à fin 2011.

La banque confirme dans le même temps qu'elle atteindra ses objectifs de fonds propres dans le cadre des nouvelles règles du comité de Bâle sans faire appel au marché.

"On confirme qu'on vise un ratio au-delà de 9% et sans augmentation de capital, insiste Frédéric Oudéa. On va y parvenir à la fois grâce aux cessions d'actifs et aux cessions d'activités et grâce à nos résultats."

Le P-DG de la SocGen confirme aussi son objectif de reprendre l'an prochain sa politique de dividende après avoir dû y renoncer pour cette année afin de renforcer sa solvabilité.

"Les besoins en liquidité dollar de la banque de financement et d'investissement ont ainsi été réduits d'environ 55 milliards de dollars US au cours du deuxième semestre", explique la banque, qui ajoute avoir accéléré les cessions dans son portefeuille d'actifs toxiques au second semestre 2011.

Sur le quatrième trimestre, la SocGen a procédé à cinq milliards d'euros de cessions dans son portefeuille d'actifs toxiques et de 5,2 milliards de cessions dans ses portefeuilles. Ces cessions ont eu un impact négatif de 244 millions d'euros sur les revenus de la BFI et de 176 millions sur le résultat net du pôle.

Interrogé sur les opérations exceptionnelles de fourniture de liquidité à trois ans de la Banque centrale européenne (BCE), Frédéric Oudéa n'a pas souhaité s'exprimer sur la première opération de décembre et a fait savoir que la banque n'avait pas encore pris de décision sur l'opération de fin février.

"On a encore du temps pour prendre notre décision", a-t-il déclaré, redisant que ces opérations n'avaient pas vocation à être utilisées pour acheter de la dette souveraine des Etats.

La BCE doit procéder le 29 février à la deuxième "opération de refinancement à plus long terme" (LTRO) de son histoire, après celle de décembre, lors de laquelle elle avait alloué 489 milliards d'euros aux établissements financiers de la zone euro.

Les analystes que ce deuxième LTRO pourrait permettre aux banques d'emprunter quelque 500 milliards à trois ans au taux de 1%.

Edité par Marc Angrand

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  • M3101717 le jeudi 16 fév 2012 à 07:56

    Aïe ! Ca va faire un petit peu mal aujourd'hui...