SocGen peine à convaincre après un trimestre de bonne facture

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SocGen peine à convaincre après un trimestre de bonne facture
SocGen peine à convaincre après un trimestre de bonne facture

par Matthieu Protard et Lionel Laurent

PARIS (Reuters) - La Société générale a surpris jeudi les analystes en annonçant pour le premier trimestre de solides performances dans la banque de financement et d'investissement (BFI) mais les investisseurs doutent de la capacité de la banque française à reproduire de tels résultats au cours des prochains trimestres.

A la Bourse de Paris, l'action qui avait ouvert en hausse de 4%, affichant même un temps la plus forte hausse du CAC 40, s'est du coup retournée à la baisse en début d'après-midi.

A 16h34, le titre abandonnait 4,35% à 17,2450 euros, sous-performant l'indice bancaire européen en repli de 1,13% au même moment et affichant la plus mauvaise performance du CAC (-0,22%).

"Maintenant, il faut que la banque confirme lors du prochain trimestre sa capacité à dépasser le consensus", souligne Marco Bruzzo, directeur général délégué de la société de gestion Mirabaud Gestion AM.

"Pour le moment, c'est une première étape. C'est bien mais on veut quand même confirmation dans les trimestres à venir."

Sur les trois premiers mois de l'année, la banque est néanmoins parvenue à compenser l'impact dans ses comptes des mesures de réduction de bilan imposées par la crise grâce à sa BFI.

Et plusieurs analystes ont salué la performance réalisée dans les activités de taux, de change et de matières premières.

Ces activités ont dégagé des revenus en hausse de 39% alors qu'à titre de comparaison, l'allemande Deutsche Bank a affiché des revenus en recul de 8% et la britannique Barclays a vu les siens progresser de seulement 9%.

"Les activités de taux sont une surprise", fait ainsi remarquer Tom Van Kempen, analyste chez ING. "Il se peut qu'ils aient réalloué des ressources dans ces activités."

Le directeur financier de la banque, Bertrand Badré, a assuré lors d'une conférence téléphonique qu'il s'agissait d'une performance guidée par l'activité clientèle, mais certains analystes peinent à croire que la SocGen puisse reproduire un tel niveau d'activité pour les prochains mois.

OBJECTIF DE SOLVABILITÉ CONFIRMÉ

Engagée depuis l'automne dans un vaste plan de restructuration de sa BFI, à l'instar de nombreuses autres établissements bancaires en Europe, la Société générale a fait savoir jeudi qu'elle avait cédé au cours des trois premiers mois de l'année pour 6,4 milliards d'euros d'actifs, poursuivant ainsi le renforcement de sa solvabilité financière.

Le groupe a du coup confirmé son objectif d'atteindre un ratio de fonds propres "durs" compris entre 9% et 9,5% sous le nouveau régime prudentiel dit Bâle III, écartant à nouveau toute augmentation de capital pour y parvenir.

"Le groupe poursuit sa transformation de manière active et disciplinée. Il y a une forte génération de capital sur le trimestre", a déclaré Frédéric Oudéa, le PDG de la SocGen, lors d'une conférence de presse téléphonique.

Il a évoqué un début d'année "solide", qui permet selon lui "de regarder l'avenir avec confiance".

Le résultat net de la Société générale, première banque française à publier ses résultats trimestriels, ressort à 732 millions d'euros pour janvier-mars, en repli de 20,1%. D'après le consensus Thomson Reuters I/B/E/S, les analystes tablaient en moyenne sur 748 millions d'euros.

"Le fait qu'ils aient vendu sur le trimestre des actifs de mauvaise qualité, plus pénalisants sous Bâle III, est plutôt une bonne nouvelle. En un trimestre, ils économisent 600 millions (d'euros) de capital", souligne un analyste londonien qui n'a pas souhaité être nommé.

SEIZE MILLIARDS D'EUROS D'ACTIFS CÉDÉS DEPUIS OCTOBRE

Au final, entre octobre 2011 et mars 2012, la SocGen a cédé pour plus de 16 milliards d'euros d'actifs.

Contraintes par l'Autorité bancaire européenne (ABE) d'améliorer leur solvabilité financière pour faire face à la crise de la dette souveraine dans la zone euro, les banques européennes doivent impérativement renforcer leurs fonds propres d'ici fin juin, l'objectif étant un ratio minimum de 9%.

A fin mars, celui de la Société générale atteignait 9,4%.

Interrogé sur les cessions d'actifs, Frédéric Oudéa s'est refusé à faire le moindre commentaire sur d'éventuelles ventes d'activités ou de filiales.

Après avoir bénéficié en Bourse d'un rebond en début d'année, les valeurs bancaires françaises subissent de nouveau depuis un mois une intense volatilité, conséquence d'un regain d'inquiétudes sur la crise de la dette au sein de la zone euro.

Les investisseurs sont aussi restés à l'écart des valeurs bancaires françaises en raison des incertitudes liées à l'élection présidentielle en France, le candidat socialiste François Hollande prévoyant de réformer le secteur pour protéger les dépôts des clients et rendre les activités de marché moins risquées.

Avec Christian Plumb, édité par Marc Angrand

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  • solee le jeudi 3 mai 2012 à 17:45

    ben pas grand chose :) en tout cas beaucoup moins que BNP ou CA... lis donc les chiffres :)

  • marshaka le jeudi 3 mai 2012 à 17:00

    Evidemment que les investisseurs ont peur, combien a perdu SG avec la Grèce ? combien va t'elle encore perdre ? combien elle va perdre avec l'espagne ?