SNCF : pourquoi les résultats 2017 risquent d'agacer

le , mis à jour à 09:30
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TRANSPORTS. SNCF Mobilités devrait enregistrer un net rebond de ses résultats, selon Les Échos. Une bonne nouvelle qui devrait faire rager les usagers qui ont subi les incidents à répétition en décembre et les syndicats, qui dénoncent de nouvelles suppressions de postes.

Le patron de la SNCF Guillaume Pepy le 27 février 2017 à Paris. ( AFP / ERIC PIERMONT )
Le patron de la SNCF Guillaume Pepy le 27 février 2017 à Paris. ( AFP / ERIC PIERMONT )

Guillaume Pepy et Patrick Jeantet, les dirigeants de la SNCF, ont rendez-vous ce lundi 8 janvier au ministère des Transports pour une "réunion de travail" visant à tirer les leçons des incidents qui ont affecté les gares parisiennes en décembre.

Les Échos ont révélé dimanche 7 janvier que SNCF Mobilités devrait enregistrer un net rebond de ses résultats en 2017. Les comptes ne seront officiellement clos que fin février, mais les résultats prévisionnels ont été présentés mi-décembre en conseil d'administration. "Le premier semestre a marqué un fort rebond, et la seconde partie de l'année a plus que confirmé la tendance", précise le quotidien économique.

S'il est difficile d'avancer des chiffres de résultat net à un mois et demi de la clôture des comptes, Les Échos estiment en revanche que la marge opérationnelle devrait être de 2,6 milliards d'euros pour SNCF Mobilités, contre 2,28 milliards en 2016.

COMMENT EXPLIQUER CES BONS RÉSULTATS ?

Des chiffres qui contrastent avec ceux de 2016, plombés par d'importantes grèves et une mauvaise conjoncture alors que 2017 a été marquée par une embellie de l'activité et le retour des touristes étrangers. Le TGV a notamment accueilli 10 millions de voyageurs de plus qu'en 2016, soit 110 millions (+10%) et les Intercités 2 millions supplémentaires (+8%), selon Franceinfo.

Parallèlement, la politique de baisse des charges a été poursuivie, "et même amplifiée", expliquent Les Échos. Le budget 2017 prévoyait 1.545 suppressions de postes chez SNCF Mobilités, notamment chez Fret SNCF et dans les ventes de billets au guichet. Objectif largement dépassé, la compagnie ferroviaire ayant supprimé 520 postes de plus.

"L'ARGENT COULE À FLOTS, MAIS PAS POUR LES SYNDICATS"

Ce qui provoque la colère des syndicats. "L'argent coule à flots, mais pas pour les cheminots !", s'insurge notamment la CGT, en dénonçant 2.000 nouvelles suppressions de postes pour 2018, et une nouvelle année sans augmentation générale de salaire (la quatrième d'affilée).

"Il faut embaucher" et "redonner de la cohérence à la SNCF", a estimé au contraire lundi matin sur Franceinfo Philippe Martinez. Le secrétaire général de la CGT demande "d'arrêter de sous-traiter et de faire des partenariats avec le privé. Mais la direction ne changera pas de cap, assurent Les Échos. Ces mesures sont en effet jugées indispensables pour pouvoir rivaliser avec les concurrents privés.

INCIDENTS À RÉPÉTITION

Ces bons résultats devraient également faire rager les usagers qui ont subi des incidents à répétition, notamment en décembre. La SNCF a fait face à une succession de pannes à Montparnasse et Saint-Lazare, et à une grande pagaille due à un afflux inattendu de voyageurs à Bercy la veille de Noël. Fin juillet déjà, une défaillance de la signalisation avait paralysé Montparnasse pendant trois jours, en plein chassé-croisé estival.

La plupart des incidents récents sont la conséquence d'une grande vague de travaux en cours sur le réseau classique, après des décennies de sous-investissements quand la SNCF - et les gouvernements successifs derrière elle - n'avait d'yeux que pour le TGV. Le bug informatique qui a paralysé Montparnasse début décembre a par exemple été provoqué par la manipulation malencontreuse d'un logiciel datant des années 1980, alors qu'il s'agissait d'augmenter le nombre de trains susceptibles d'entrer en gare.

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  • M1539097 il y a une semaine

    Pour comprendre le fonctionnement du systéme dans lequel évolue Pepy lire le livre de la journaliste du Monde Raphaelle Bacquet "Richie".A frémir

  • adnstep il y a une semaine

    @jy831 : c'est grâce à l'argent risqué par les investisseurs que la richesse se créée. Vous devriez le comprendre, vous qui fréquentez un site boursier.

  • akelacca il y a une semaine

    En admettant que l'intégralité de l'amélioration ce retrouve dans le résultat. Cela ferais un résultat de 1.145 Milliards, soit 2.55% des dettes de la société. Est-il vraiment si scandaleux qu'une société gagne de quoi rembourser ses dettes hors intérêts en 40 ans ?

  • jy831 il y a une semaine

    @fpelu c'est vrai que vous qui touchez des dividendes de vos actions vous n'etes pas un privilégié par rapport a ceux qui travaillent et créent de la richesse...

  • fpelu il y a une semaine

    Et si on enlève les 3 milliards / an que l'état rajoute pour les retraites de ces privilégiés, il reste quoi?

  • franck8 il y a une semaine

    C'est vrai que la situation financière est meilleure que celle d'EDF ....

  • YTRAM il y a une semaine

    Ça roule sur l'or ,juste un petit bémol la dette de la SNCF et cie est quand même de 40 millirds d'euro et ne faît qu'augmenter tous les ans

  • vmcfb il y a une semaine

    Supprimez les régimes spéciaux, vieux de 2 siècles!

  • cisco22 il y a une semaine

    Ne pas confondre SNCF , SNCF MOBILITES et SNCF réseaux ! Ici on parle de mobilité !

  • g.cado il y a une semaine

    Les charges des TER sont payées par les régions, les intercités par l'état, le nettoyage des abri des haltes de campagne faits par les communes. La sncf ne garde que le tgv alors oui quand on garde que les recettes et qu'on donne les dépenses, oui la sncf va bien.