SNCF : les voyageurs perdent 2 milliards de minutes chaque année

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INFOGRAPHIE - «Conditions climatiques exceptionnelles», «régulation de trafic», «acheminement de personnel»... L'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST) chiffre à 1,5 milliard d'euros les pertes annuelles résultant du manque de ponctualité des trains en France.De prime abord, c'est un résultat qui peut donner le tournis. Chaque année, deux milliards de minutes sont perdues pour l'ensemble des voyageurs, en raison des retards des trains, en France, selon une étude de l'Autorité de la qualité de service dans les transports (AQST). A titre indicatif, l'AQST est un organisme gouvernemental placé sous la tutelle du ministère de l'Environnement, au sein du Conseil général de l'environnement et du développement durable. A l'échelle européenne, l'Hexagone arrive à la troisième position sur la ponctualité des trains à grande vitesse. RER/Transilien, TER et TGV confondus, ce rapport met en évidence que plus des deux tiers de ces pertes de temps affectent davantage les «voyageurs du quotidien». Autrement dit, il s'agit principalement des trajets à destination ou depuis les banlieues d'Île-de-France et des grandes agglomérations. Exprimé en pourcentage, l'indice de ponctualité des trains suburbains franciliens est ainsi évalué à 91,4 contre 99 pour les trains suburbains madrilènes. «Cette spécificité s'explique, notamment, en raison de la fréquence accrue du nombre de trains et du nombre important de voyageurs dans les banlieues des grandes villes», explique Alain Sauvant au Figaro. «Ces résultats sont pondérés: il convient de prendre en compte le fait qu'en tant que voyageur TGV, vous avez plus de probabilité d'être affecté par un retard, étant donné le nombre plus importants de kilomètres parcourus».Une méthode de calcul différente La fameuse expression «le temps, c'est de l'argent» semble même à nouveau se confirmer. L'Autorité de qualité de service dans les transports évalue en effet que les lacunes de ponctualité des trains en France génèrent «une perte de valeur économique pour la collectivité nationale de plus de 1,5 milliard d'euros par an». «Nous sommes parvenus à ce chiffre en croisant des documents du ministère, portant notamment des préconisations pour améliorer le temps de trajet, ainsi que des études scientifiques», explique Alain Sauvant. Dans les faits, la méthode de calcul de la SNCF et de l'AQST diffèrent. Cette dernière mesure la ponctualité des trains à cinq minutes, tandis que l'opérateur ferroviaire français ne comptabilise les retards à 5 minutes que pour les voyages d'une durée inférieure à une heure et demi. Pour les trajets compris entre 1h30 et 3 heures, le retard comptabilisé passe à dix minutes, puis à quinze minutes pour les voyages de plus de 3 heures. «Nous avons décidé de fonder notre travail sur une référence de cinq minutes, car il s'agit de la norme la plus fréquente en Europe», explique Alain Sauvant. «Néanmoins, je ne pense pas qu'il y ait de seuil universel». Fondant ses résultats sur les données ouvertes de 2014, l'AQST conclut ainsi que le taux de régularité des TGV est de 80,3%, contre près de 90% selon le chiffre officiel donné par l'entreprise ferroviaire.Plus de retards en 2016 Pour le directeur de l'AQST, il convient de nuancer ces résultats. Et pour cause, ce rapport a été conduit dans le but d'établir une comparaison de la ponctualité des trains, à l'échelle européenne. Certes, sur l'ensemble des pays étudiés en Europe, la France arrive à la dixième position sur la ponctualité globale. «Il convient de prendre plusieurs facteurs en compte, comme la population dans le pays étudié, ainsi que le nombre de voyageurs dans le pays, sur l'année», relativise Alain Sauvant. «En outre, l'année 2014, retenue car il s'agit de l'année la plus récente où les données sont disponibles partout constitue plutôt un “bon cru” pour la ponctualité des trains en France, en comparaison d'autres années récentes». Cette année-là, 1158 millions de personnes ont voyagé sur le réseau ferroviaire français, selon les données d'Eurostat, citées dans cette étude. Du côté de la SNCF, on estime qu'une telle étude se heurte à un obstacle majeur en tentant de comparer des systèmes ferroviaires si différents. En outre, on met en avant le fait que le réseau francilien, particulièrement sujet aux retards, fait l'objet de travaux récurrents. A titre indicatif, le RER A sera à nouveau fermé cet été. Sur son site internet, l'opérateur ferroviaire met à disposition un outil sur la ponctualité de ses trains, «dans une démarche de transparence». Il souligne ainsi que six TGV arrivent à quai à l'heure, pour un TGV en retard, en janvier 2017. Grèves, travaux, intempéries, colis suspects... L'année passée, les trains ont accusé plus de retards par rapport à 2015, à en juger par les données officielles rendues en janvier dernier. L'opérateur ferroviaire est également confronté à la concurrence accrue des bus Macron et du covoiturage. Pour faire face à ces difficultés, la SNCF doit notamment ouvrir ses nouvelles lignes à grande vitesse, en juillet prochain. Elle profite également de cette occasion pour «clarifier son offre tarifaire», en supprimant IDTGV.

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