Smart grids : le client est roi

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Smart grids : le client est roi
Smart grids : le client est roi

Les smart grids apparaissent comme les piliers de la transition énergétique. Conçus pour aider à consommer moins et mieux, ces réseaux intelligents permettront de tisser les contours d'un monde moins énergivore, grâce à une panoplie de mécanismes. S'ils ont déjà commencé à étendre leurs tentacules un peu partout dans le monde, ils restent mal compris du public, qui peine à en percevoir les intérêts réels, malgré l'impact direct qu'il aura sur leur efficacité. La solution ? Davantage de communication.

La page Wikipédia dédiée aux smart grids les présente comme des réseaux intelligents utilisant des "technologies informatiques de manière à optimiser la production, la distribution, la consommation". La définition est valable. Jeremy Rifkin, essayiste de renom américain, en fait pour sa part l'un des cinq piliers de la "Troisième révolution industrielle" qu'il appelle de ses voeux.

Porteurs de promesses d'emplois considérables, les smart grids devraient surtout permettre d'encourager une baisse substantielle de la consommation des ménages, et favoriser l'injection des énergies renouvelables, souvent propres, dans le réseau. Une aventure qui ne se fera pas sans la participation active de chaque consommateur.

Un smart grid est une chaîne dans laquelle chaque maillon est holistique. De la production à la consommation en passant par le stockage et la distribution, aucune des étapes du parcours de l'énergie électrique n'est laissée au hasard. D'où une responsabilité accrue conférée au consommateur.

La complexité d'approche du concept de smart grid, notamment due au grand nombre de paramètres que cette technologie implique, peut tendre à faire croire qu'il ne s'agit après tout que d'une lubie technocratique, gérée en vase clos par une armada d'ingénieurs. Autrement dit, totalement déconnectée des préoccupations du client final. Il n'en est rien.

Il appartiendra en effet à chacun de contribuer à remplir, à sa mesure, les objectifs que l'Union européenne s'est fixée à l'horizon 2020 dans le cadre de son paquet climat-énergie : faire passer à 20% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique, réduire les émissions de CO2 de 20% et, enfin, accroître l'efficacité énergétique de 20%. Si les clients ne modifient pas leurs habitudes de consommation, rien de tout cela ne sera possible.

Dès janvier 2014, des millions de compteurs communicants seront installés dans les foyers français. A terme, ils seront 35 millions, tout le monde en sera donc équipé. Ces terminaux vert-acidulé ont été imaginés par ERDF, et répondent au doux nom de Linky. Linky, "lien", on saisit le concept : il s'agit de d'impliquer davantage monsieur et madame Tout-le-monde dans la façon dont on consomme l'électricité en France. Comment ? En encourageant certains réflexes.

L'appareil d'ERDF "communique". C'est à dire qu'il transmet certaines informations en temps réel, ou presque. Lorsque des aléas climatiques occasionnent une forte disponibilité d'énergie solaire ou éolienne sur le réseau, le consommateur est ainsi invité à profiter à un tarif incitatif de ces énergies renouvelables et intermittentes. Plus globalement, le fait que chacun puisse suivre à intervalle régulier sa consommation (relevés tous les 24h) devrait, si tout se passe comme prévu, inciter les consommateurs à surveiller de plus près leur facture et, espérons-le, à consommer moins.

Les smart grids se présentent comme une matrice dans laquelle chacun pourra choisir de s'insérer... ou non. De ce choix dépendra la réussite de leur entreprise. Ils ne se posent pas en système autoritaire auquel chacun sera contraint de souscrire, bon gré mal gré, mais bien en pétition. Pétition qui ne remportera pas beaucoup de suffrages si rien n'est fait urgemment pour en montrer les intérêts.

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