Slovaquie-Fico remporte les législatives mais perd sa majorité

le , mis à jour à 06:59
0
 (Résultats actualisés) 
    BRATISLAVA, 6 mars (Reuters) - Le Premier ministre slovaque 
Robert Fico, en pointe dans le rejet des quotas européens de 
répartition de réfugiés, a remporté les élections législatives 
de samedi mais perd sa majorité parlementaire et aura fort à 
faire pour former un gouvernement. 
    Le Smer, sa formation affiliée au Parti socialiste européen, 
est arrivé en tête avec 28,5% des voix, selon des résultats 
partiels qui portent sur 91% des circonscriptions. 
    Le parti libertarien SaS, dont le rejet du plan de sauvetage 
de la Grèce en 2012 a fait tomber le précédent gouvernement de 
centre droit, arrive en deuxième position avec 11,5%. 
    Huit autres formations franchissent le seuil des 5% qui 
permet de siéger au Conseil national, le parlement monocaméral, 
ce qui risque donc de compliquer la formation d'une coalition. 
    Parmi eux figure Notre Slovaquie, parti d'extrême droite 
emmené par Marian Kotleba, gouverneur de la région Banska 
Bystrica, qui a obtenu 8,2% des voix, soit trois fois plus que 
ce qu'annonçait les sondages. Un autre parti xénophobe formé 
récemment par l'homme d'affaires Boris Kollar passe également le 
seuil des 5%.  
    Robert Fico, qui a jugé les résultats "très compliqués", 
s'est dit prêt à former un nouvel exécutif. "Comme le Parti a 
remporté le scrutin, nous avons l'obligation d'essayer de former 
un gouvernement stable et cohérent", a-t-il déclaré à la presse. 
     
    FICTION    
    Âgé de 51 ans, il a été aux affaires de 2006 à 2010, puis y 
est revenu en mars 2012. Avec plus de 44% des voix, son parti 
avait alors décroché la majorité absolue des sièges, ce qui a 
permis au Smer de gouverner seul, une première depuis 
l'indépendance de la Slovaquie en 1993. 
    Son recul était attendu, mais pas dans une telle proportion: 
les derniers sondages tournaient autour de 35% des voix. 
    S'il ne parvient pas à former un gouvernement, les partis de 
droite pourraient tenter leur chance en renouvelant l'expérience 
de 2010, mais la cohésion d'une telle alliance n'est pas 
garantie.  
    Le Premier ministre sortant dépeint le multiculturalisme 
comme une "fiction" et refuse les quotas de répartition de 
réfugiés que la Commission européenne recommande pour résoudre 
la crise migratoire. Il est également opposé aux sanctions 
européennes contre la Russie.  
    Même s'ils emploient un langage moins agressif, la plupart 
des partis d'opposition de centre droit partagent avec lui 
l'idée que les musulmans ne peuvent pas s'intégrer dans ce pays 
majoritairement catholique de 5,4 millions d'habitants et 
représentent une menace pour la sécurité nationale.  
    Le recul dans les urnes de Fico, qualifié de populiste par 
ses adversaires, s'explique notamment par la persistance d'un 
taux de chômage élevé, supérieur à 10%, et d'inégalités fortes 
entre les régions, et par les faiblesses des systèmes de santé 
et d'éducation.  
    La Slovaquie prendra en juillet la présidence tournante de 
l'Union européenne.  
 
 (Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Jean-Philippe 
Lefief pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant