Ski: Michel Vion voit en Pinturault la chance du ski français

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LE PRÉSIDENT DE LA FFS VOIT EN ALEXIS PINTURAULT LA CHANCE DU SKI FRANÇAIS
LE PRÉSIDENT DE LA FFS VOIT EN ALEXIS PINTURAULT LA CHANCE DU SKI FRANÇAIS

par André Assier

LYON (Reuters) - A quelques heures de l'ouverture des Championnats du monde de ski alpin qui se disputent du 5 au 17 février à Schladming (Autriche), Michel Vion, le président de la Fédération Française de Ski (FFS), explique les ambitions de son équipe dans un entretien à Reuters.

Reuters : Dans quel état d'esprit se trouve le ski français à l'approche de ces Mondiaux ?

Michel Vion : Il est assez ambitieux car le début de saison est dans l'ensemble assez favorable avec de nombreux podiums et des talents naissants qui peuvent faire des médailles. Nous avons donc une grande ambition. Mon message, c'est 'pas de complexes' et 'skiez à votre meilleur'. Nous avons le niveau, les résultats plaident en cette faveur ; nous avons aussi beaucoup de skieurs entre la 4e et la 8e places. Et pour moi, ce sont ces athlètes-là, en position d'attente qui peuvent aller décrocher quelque chose. Sans complexes et en étant à notre niveau, nous devrions ne pas être loin.

Reuters : Y-a-t-il un tableau de marche ?

M.V. : Non. Nous ne pouvons faire une prospective de la sorte en général ; par contre, nous devons jouer à chaque course avec de l'ambition. Nous ne sommes pas favoris en général. Mais ces grands rendez-vous peuvent permettre justement de jouer la carte à fond sur une course. Certains arrivent avec la pancarte de favori, comme Alexis Pinturault et là, ils doivent ramener une médaille. Reste ce mot d'ordre qui prévaut pour tout le monde : soyez conquérants et volontaires. Avec tous ces ingrédients, nous devrions avoir un bon bilan à la fin des Mondiaux.

Reuters : L'échéance olympique de 2014 à Sotchi est-elle déjà dans les têtes avec cette 'répétition' mondiale ?

M.V. : Il faut d'abord bien réussir ce passage tout en sachant que nous sommes l'esprit un peu tourné vers ces JO car il faut créer une dynamique pour février 2014. Dans un coin de nos têtes, athlètes, dirigeants, entraîneurs, nous avons cela en tête. Les bons résultats lors des mondiaux peuvent nourrir la préparation ; c'est aussi l'enjeu de ce rendez-vous à Schladming tout en sachant qu'à court terme, il faut ramener des médailles.

Reuters : Comment classer Alexis Pinturault, le nouveau prodige du ski français ?

M.V. : En Supercombiné, il sera LE favori avec Ivica Kostelic dans une discipline où il faut mesurer la dose de risque à mettre pour être dans le bon wagon ; en slalom, il sera dans LES favoris avec le géant. A lui de jouer sa carte à fond car il sera présent pendant les 10 jours de compétitions et sera au départ de toutes les épreuves, sauf la descente.

Reuters : Avez-vous mis en place une protection pour ce joyau du ski français ?

M.V. : Non, pas de protection mais une attention particulière oui. En janvier à Wengen et à Kitzbühel, il a tout eu à gérer et au niveau physique cela a été dur. Il aura un menu de préparation un peu particulier, simplement. Nous avons la chance d'avoir un jeune qui vient tout casser à 21 ans. Il n'a pour l'instant pas gagné de gros titres. Pour lui, cette échéance sera une découverte. Faire une médaille mondiale, c'est pas aussi simple que cela. C'est beau d'aller vite mais il faut gérer tout le reste autour. Nous allons bien organiser tout cela autour de lui et c'est ce que nous nous efforçons de faire.

Reuters : Le monde du ski français n'a pas eu d'éléments comparables à Alexis Pinturault disent certains dans le milieu...

M.V. : En France, c'est une évidence. Il se rapproche de Franck Piccard, le dernier de ce niveau là même s'il n'était pas aussi polyvalent. Il n'allait que du géant au Super G et à la descente. C'était déjà complet.

Alexis va plus loin. Et je dirais même qu'au niveau mondial, on n'en a pas de cette trempe là. Marcel Hirscher, Benjamin Raich, Ivica Kostelic sont de ce niveau. Il n'y en a pas beaucoup plus. Nous avons une chance incroyable et nous espérons qu'il va nous ramener un maximum de satisfactions.

Reuters : Est-ce une locomotive ou finalement, vu qu'il est tellement au-dessus des autres, qu'il fait sa vie...

M.V. : Il tire tout le reste forcément car il fait les résultats et médiatiquement, c'est de lui dont on parle. Et puis en interne, au niveau sportif, il titille tout le monde car quand vous avez un petit gamin de 21 ans qui vient perturber les plus anciens, cela réveille et secoue l'ordre établi ! C'est bénéfique pour tout le monde.

Reuters : Jean-Baptiste Grange, lui, va défendre son titre de champion du monde de slalom au c?ur d'un hiver où il revient petit à petit en forme.

M.V. : Il a une vraie bonne carte à jouer. Il a passé un été difficile avec son opération au genou après ses ennuis au dos à répétition. Il gagne la deuxième manche à Wengen, il retrouve son ski lors des courses de 2e division en FIS avec un plateau relevé. Il peut jouer un bon coup car il n'aura rien à perdre, même s'il aura un dossard élevé qui peut l'handicaper. Mais je suis sûr qu'il a tout cela dans un coin de la tête. Il est un grand champion. Il se connaît bien. Il empile les assiettes dans le bon sens comme on dit dans le ski avec patience et rigueur. Il est sur le bon chemin

Reuters : Chez les filles, la situation est plus contrastée...

M.V. : Nous avons plus de difficultés avec seulement Tessa Worley qui partira favorite en géant. Pour le reste, le groupe sera outsider ; mais c'est un rôle que j'aime bien personnellement avec Marion Rolland en Super G tout comme Marie Marchand-Arvier, qui a déjà fait une médaille en 2009 à Val d'Isère sur une course d'un jour. Nous avons de bons coups à jouer et à jouer à fond. Dans l'ensemble, le ski français est plus dense avec de belles cartes à jouer.

Edité par Julien Prétot

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