Ski: Marion Rolland, "une éponge à sentiments"

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LE MENTAL, CLÉ DU SUCCÈS DE MARION ROLLAND
LE MENTAL, CLÉ DU SUCCÈS DE MARION ROLLAND

par Chrystel Boulet-Euchin

BOULOGNE-BILLANCOURT, Hauts-de-Seine (Reuters) - Marion Rolland attribue en partie son sacre mondial en descente au travail effectué avec son préparateur mental qui la qualifie d'"éponge à sentiments", comme elle l'a raconté mardi à Reuters.

A 30 ans, la skieuse des Deux-Alpes a toujours été considérée comme une fille aux capacités formidables mais qui ne réussissait pas "à exprimer son potentiel", aux dires du patron de l'équipe de France féminine, Jean-Philippe Vulliet.

A Schladming, en Autriche, où elle avait obtenu la saison dernière ses deux seuls podiums en Coupe du monde, Marion Rolland a enfin montré qu'elle pouvait être l'égal des grandes.

"Je savais avant cette course qu'il fallait que j'aille chercher là où je n'avais jamais été chercher auparavant. Avec mon 'prep' mental, on a travaillé sur la respiration, la mise en situation, l'imagination de ce que pouvait être la course", a-t-elle expliqué, deux jours après sa médaille d'or.

"J'ai commencé à travailler la préparation mentale après les championnats du monde de Val d'Isère (en 2009, où elle avait fini cinquième de la descente, NDLR). Il me dit toujours que je suis une éponge à sentiments, en mal comme en bien."

"Ça a été beaucoup de travail sur ce côté hyper-sensible, sur ce que j'étais vraiment, sur ma carrière sportive. Le ski est ce que j'aime et mon rêve, c'est de faire des médailles."

Celle décrochée à Schladming dimanche est un aboutissement pour cette jeune femme qui avait connu une terrible déconvenue aux Jeux olympiques de Vancouver, en 2010, s'effondrant après deux secondes de course.

Cela lui avait valu nombre de railleries.

Après avoir expliqué que son bâton n'avait pas accroché sur le deuxième appui, ce qui avait entraîné sa chute et une grave blessure au genou, elle assure aujourd'hui que le souvenir du Canada ne lui a donné aucun esprit de revanche.

"IL A FALLU QUE JE ME BOTTE LES FESSES"

"Je n'ai pas du tout pensé à Vancouver", insiste-t-elle, ajoutant que ses deux podiums à Schladming l'an passé n'avaient pas non plus pesé dans la balance.

"L'année dernière, Schladming, c'était la fin de la saison. Je savais que là, les conditions seraient différentes, mais la confiance était là. Pourtant, les sensations n'étaient pas géniales à l'entraînement et il a fallu que j'aille chercher au plus profond de moi, que je me botte les fesses", dit-elle.

Le sursaut a porté ses fruits, comme la force de persuasion des entraîneurs de l'équipe de France.

"Ça faisait un moment que les coaches me disaient que je pouvais gagner des (courses de) Coupe du monde. Il fallait que j'arrive à m'en persuader et à avoir confiance en moi. Ce qui manquait, c'était de me dire à moi-même 'tu peux le faire'", reconnaît Marion Rolland.

Elle a fini par s'en laisser convaincre et à concrétiser les espoirs placés en elle avec une première place d'autant plus prometteuse qu'elle intervient à un an des Jeux de Sotchi.

Il va désormais lui falloir assumer un nouveau statut, celui de championne du monde dont elle découvre les obligations.

"Cette journée (mardi, lors de son retour en France, NDLR) me fait prendre conscience de ce que c'est. Il y a tellement de sollicitations, on n'a pas l'habitude, nous les skieurs, d'en avoir autant", dit-elle.

"Mais je suis contente de faire parler du ski en France."

La saison n'est toutefois pas terminée et Marion Rolland espère que son titre mondial va ouvrir la voie d'autres succès.

"Le niveau technique, je l'avais, mais il me fallait cette médaille sur une course d'un jour. Maintenant, il va falloir que je digère un peu tout ça et prendre ce qu'il y a à prendre. Que je me reconcentre assez vite pour la Coupe du monde et porter haut ce titre".

Edité par Grégory Blachier

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