Ski et camping menacés par le réchauffement climatique

le
2
Inondations ou manque de neige mettent en péril un nombre grandissant de petites stations de montagne ainsi que des campings trop exposés.

Il n'y a pas que les Maldives dont l'avenir touristique est menacé par le réchauffement climatique. Tout près de nous, de petites stations de ski installées à faible altitude commencent à fermer tout comme des campings trop exposés aux inondations. Au cours de la semaine ont ainsi été annoncées la fermeture du domaine skiable du Puigmal (Pyrénées orientales) et l'interdiction de réouverture de deux campings du village de Saint-Béat (Haute-Garonne). Selon les projections de l'OCDE, un réchauffement de 2°C ramènerait en Haute-Savoie le nombre de stations où l'enneigement est assuré de 35 à 18 et même à 7 pour un réchauffement de 4°C.

«Au cours des trente dernières années nous n'avons quasiment connu aucune fermeture de stations mais les choses vont bien changer pour les trente ans à venir», estime Laurent Reynaud, délégué général de Domaines skiables de France, la structure qui regroupe les exploitants de remontées mécaniques. Selon lui, la cause de ces fermetures serait néanmoins plus économique que climatique. Certaines sont en effet structurellement déficitaires et il devient de plus en plus difficile pour les collectivités locales de boucher les trous alors que leurs budgets se resserrent.

9,2 millions d'euros de dettes

Dans le cas du domaine de Cerdagne Puigmal, la station sort d'une année d'enneigement exceptionnel ce qui ne l'a pas empêché de cumuler une dette de 9,2 millions d'euros. L'ardoise devra être réglée par les six communes qui géraient la station et qui devront également faire face à la perte de près de 80 emplois. Par le passé, la station d'Abondance (Haute-Savoie) avait déjà fermé un an avant de rouvrir. Par ailleurs, la station d'Orange-Montisel envisage de cesser son exploitation cette année. Le gestionnaire privé était prêt à investir dans des canons à neige mais n'a pas obtenu les autorisations administratives nécessaires.

Quant au village de Drouzin-le-Mont (Haute-Savoie), dont les remontées sont fermées depuis l'an passé, il envisage actuellement une reconversion en «montagne douce» en misant sur le ski de fond et diverses activités ludiques. «La diversification, ça ne marche pas estime Laurent Reynaud, perplexe. La montagne l'hiver sans neige, ce n'est pas vendable.»

Risque de submersion

Du côté des campings la tendance est moins inquiétante même si la fermeture des campings municipaux et privés de Saint-Béat et de celui de Fos menace l'existence même de ces villages touristiques. Cette décision administrative fait suite aux inondations dévastatrices de juin dans un secteur exposé aux crues de la Garonne. «Ce genre de décision est exceptionnel, souligne Guylhem Féraud, président de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air. Il y a eu une grosse opération d'évaluation des risques naturels à la fin des années 90 ayant abouti à la suppression ou au déplacements des établissements les plus exposés.»

Il reconnaît cependant que les débats sont vifs autour du réchauffement climatique. Les campings devront à l'avenir mieux intégrer le risque de submersion, en bord de mer, ou le risque d'incendie dans des régions devenant de plus en plus sèches. Et là, visiblement les parties prenantes n'ont pas toute la même vision de l'ampleur à venir du phénomène.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M4776307 le lundi 14 oct 2013 à 10:34

    Messieurs les journalistes, si vous voulez garder le peu de crédibilité qu'il vous reste, arrêtez avec vos histoires de réchauffement climatique : comme votre article le souligne, si les stations ferment, ce n'est pas à cause du climat mais d'une mauvaise gestion.

  • pierry5 le dimanche 13 oct 2013 à 20:42

    Superbe ce réchauffement, à proximité de la mer du Nord, le thermomètre est descendu jusqu'à 5° ce 13/10/2013. Ici on est pas aux Maldives et il faut chauffer.