Ski: derrière Tessa Worley, les femmes ont beaucoup à gagner

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par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Dans le sillage de Tessa Worley, en lice dès ce week-end pour le slalom géant qui ouvre la saison à Sölden en Autriche, et d'un groupe de vitesse pétri de talents, l'équipe de France féminine de ski alpin a tout pour briller cette saison.

La skieuse du Grand Bornand, spécialiste du géant, est devenue en deux ans la chef de file de ces filles qui ont, aux dires du directeur de l'équipe Jean-Philippe Vulliet, le potentiel pour aller titiller les meilleures mondiales.

En slalom, Sandrine Aubert a décidé de continuer et a le mors aux dents après deux saisons ternes à tous points de vue, tandis que Nastasia Noens veut sauter la marche qui la sépare des podiums.

Dans les épreuves de vitesse, qui débuteront fin novembre à Lake Louise (Canada), seule la confiance et l'envie d'aller plus vite manquent à Marion Rolland ou Marie Marchand-Arvier, leaders d'une équipe capable de tout, selon Jean-Philippe Vulliet.

"Je sais que quand elles sont en ordre de marche, pfiou..." souffle-t-il.

"Marion - ça a été dit un peu quand elle l'a fait, mais ses deux podiums (deuxième en descente et troisième en Super-G l'hiver dernier à Schladming, ndlr) ça a été tout sauf une surprise. Si elle exprime tout son potentiel, ça peut aller très, très vite."

Il suffirait donc que les premières courses donnent de bons résultats pour que Marion Rolland, sixième de la Coupe du monde de descente l'an dernier, ou Marie Marchand-Arvier, huitième du même classement, aillent plus loin que les Top 10 réguliers.

"LES MOYENS DE GAGNER"

Dans le groupe technique, les attentes sont encore plus élevées.

A l'orée du premier géant autrichien, "nos filles sont en forme", souligne Jean-Philippe Vulliet, tandis que la "géantiste" Taïna Barioz, 12e de la spécialité l'an dernier, manifeste son "impatience".

La première des filles, Tessa Worley, troisième du classement de la spécialité l'an dernier après en avoir été leader dans la saison, est dans de très bonnes dispositions.

"On l'a vu sur les jours passés à Tignes jusqu'à mercredi avant de partir à Sölden (...). Elle est dans son ordre de marche en tant que championne. A 23 ans, elle démarre dans une saison où elle peut faire des choses", souligne Jean-Philippe Vulliet.

"Elle a toujours été en avance sur son âge mais là, elle a les moyens de gagner une Coupe du Monde de Géant. Elle tient parfaitement son rôle de leader."

Tessa Worley dit elle-même aborder avec appétit cette saison ponctuée de championnats du monde, en février à Schladming, et où elle va se lancer plus régulièrement en vitesse.

Elle dit avoir dans l'idée de faire mieux que sa 11e place en 2012 au classement général et Jean-Philippe Vulliet la croit capable de glaner des points quand la course s'accélère.

"Tessa est rentrée dans les points de Coupe du monde de façon assez brillante. On sait qu'une partie difficile, elle va la skier bien", dit-il.

Les slalomeuses n'en sont pas à s'aventurer sur les épreuves les plus rapides mais sont aussi ambitieuses - quand bien même elles ont un cap à franchir pour faire d'aussi bons résultats.

Sandrine Aubert, qui a joué des coudes au plus haut niveau pendant deux saisons avant de connaître une période plus difficile, prend un nouveau départ.

Nastasia Noens suit une progression plus régulière qui doit, espère-t-elle, lui permettre de faire enfin mieux que des places d'honneur.

"Depuis deux ans, je fais beaucoup de Top 10 (cinq l'année dernière, sept en 2011 dont un podium), et il manque vraiment ce petit cap à passer sur les podiums", dit-elle.

"L'année dernière, je me suis blessée, ça m'a un peu stoppée dans mon élan. Mais cette année, en ayant passé un bon été d'entraînement, j'arrive sereine sur la saison."

Comme l'ensemble d'une équipe de France dont les talents sont assez nombreux pour viser chaque week-end la victoire.

Avec André Assier

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