Ski: David Poisson toujours dans l'euphorie de sa médaille

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DAVID POISSON TOUJOURS DANS L'EUPHORIE DE SA MÉDAILLE
DAVID POISSON TOUJOURS DANS L'EUPHORIE DE SA MÉDAILLE

par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - Après avoir connu le bonheur en février aux Mondiaux de Schladming, David Poisson, le bon skieur qui ne montait jamais sur un podium, semble toujours bercé par l'euphorie née de sa médaille de bronze décrochée en descente.

Ce jour-là, tout est allé un peu trop vite pour lui.

Il effectue une première partie de course quasi parfaite, laisse échapper un instant un bâton et à l'arrivée devient le premier Français depuis 1996 à décrocher une médaille aux championnats du monde dans la discipline reine du ski.

Aujourd'hui, quand il y repense, David Poisson se pince encore.

"J'ai revu ma course plein de fois mais j'ai un gros problème avec ça", a-t-il confié dans un entretien accordé à Reuters.

"Il y a eu tellement de choses dont je n'avais pas l'habitude après - les cérémonies, les conférences de presse -, que quand je revois ma course, j'ai l'impression que ce n'est pas moi qui descends".

"Dans les autres courses de Coupe du monde, on arrive facilement à remettre des sensations sur les images. Là, je suis un peu spectateur, je n'y arrive pas."

Même si son naturel modeste l'empêche de le dire franchement, cette course, "le plus beau jour de sa carrière", a changé sa vie et l'a emporté dans une sorte d'avalanche.

"Je n'étais pas habitué à tout ça, à tout ce qui s'est passé après. C'est beaucoup d'émotions et on en oublie un petit peu les sensations, malheureusement", raconte-t-il.

"D'un point de vue personnel, j'ai été énormément touché par l'impact que cela a pu avoir, au niveau des gens. Cela reste un sport individuel mais au niveau des autres équipes et des autres coureurs, je n'ai reçu que du positif. Tout le monde m'a dit qu'il était content pour moi", se souvient-il.

La réaction du public français, qui ne le connaissait quasiment pas à l'époque, l'a aussi beaucoup ému.

"JE SUIS TRÈS TOUCHÉ"

"Au niveau des spectateurs, je ne me suis pas forcément rendu compte à quel point cela avait touché les gens. Petit à petit, tu le découvres et c'est hyper touchant", dit-il.

"Quand les gens viennent me voir et me disent 'Merci', cela me gêne car au début, on ne le fait pas pour eux, cela reste un sport individuel. Mais je suis très touché par tous les témoignages que j'ai pu avoir après."

David Poisson sait aussi que sa réputation a changé, surtout auprès de ses pairs. "Avant, ils se disaient que j'étais capable de skier vite sans faire de résultat. Maintenant ils se disent que je suis capable de venir les titiller un peu", reconnaît-il.

Du coup, cette saison, ce skieur qui a longtemps été ennuyé par des soucis physiques se sent pousser des ailes. Son objectif principal ? Décrocher une sélection aux Jeux olympiques de Sotchi dans une équipe de France compétitive.

"Objectivement, cette année, le groupe est tellement fort qu'on est huit à pouvoir se qualifier pour la descente des JO pour seulement quatre places. Donc, il ne va vraiment pas falloir s'endormir. J'espère en être", explique-t-il.

"Il y a une super émulation dans le groupe. Tout le monde se tire vers le haut. On sait qu'en course on peut aller jouer devant, cela décomplexe tout le monde, moi y compris, et ça fait du bien."

S'il garde en ligne de mire les JO, David Poisson souhaite avant tout réussir un bon début de saison en Coupe du monde, où il dit "se régaler" chaque week-end de course et ce malgré les coups pris et le corps vieillissant qui lui fait parfois mal.

"Je sais que pour être performant aux Jeux, il va falloir que je le sois avant pour arriver en confiance. Aux Mondiaux, c'est ce qu'il s'est passé, j'étais très bien dans ma tête. Il faut que je sois dans cet état d'esprit pour ne pas me poser de questions le jour J", dit-il.

"Forcément, je pense aux Jeux mais je sais que pour en arriver là, il va falloir être fort en Coupe du monde. Je suis concentré là-dessus pour le moment. Les Jeux, on en parlera, ou pas, le 27 janvier, quand les sélections seront connues."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Gilles Trequesser

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