Ski: chez les hommes, tout le monde a sa chance

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par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - L'équipe de France masculine de ski alpin n'a sans doute pas de leader susceptible d'aller chercher un globe de cristal cette saison mais elle peut miser sur une grande densité et visera de belles performances aux Mondiaux de février.

Les blessures n'ont pas épargné les Bleus qui abordent la première épreuve - le géant de Sölden, en Autriche, samedi - privés d'Alexis Pinturault, 21 ans, dixième du classement général et quatrième de la spécialité l'an dernier.

Dans le groupe technique, Jean-Baptiste Grange, champion du monde 2011 de slalom, se relève lui aussi d'une blessure, au genou, et doit reprendre ses marques après une saison 2011-12 gâchée par des douleurs au dos.

Steve Missillier, touché aux ischio-jambiers fin septembre, est lui aussi convalescent.

Ces absences ennuient mais n'inquiètent pas Gilles Brenier, directeur des équipes de France masculines.

"Les trois blessés vont vraiment nous manquer mais nous avons quand même une petite armada avec 15 coureurs dans les 100 mondiaux. Nous allons aller à Sölden pour jouer crânement nos chances", prévient-il.

Le ski français pourra compter en Autriche sur Cyprien Richard et Thomas Fanara, respectivement huitième et 12e du classement du géant l'année dernière.

"J'aime bien Sölden avec une belle piste et j'y arrive avec les crocs. Il y a tout pour faire un beau géant", dit ainsi Richard, vice-champion du monde en titre, faisant fi des problèmes de dos qui l'ont mis sur le flanc pendant trois mois.

Une fois les blessures pansées, ce groupe est capable de contrarier toutes les ambitions. Le directeur technique national, Fabien Saguez, évoque ainsi un "énorme potentiel".

Il est évident au vu du palmarès des membres du groupe technique.

"DU GROS SKI"

Le groupe de vitesse, qui reprendra à Lake Louise (Canada) fin novembre, cherche encore un leader en termes de résultats, mais il pour avantage d'être aussi très dense, avec plusieurs skieurs capables de monter sur les podiums.

S'il n'a pas non plus été épargné par les pépins - Adrien Théaux a été opéré de la main droite durant l'été, Yannick Bertrand revient d'une blessure au genou -, la préparation a donné satisfaction à des hommes ambitieux.

Johan Clarey est de ceux-là. Dixième de la Coupe du monde de descente l'année dernière, il aspire à se montrer davantage dans une discipline où les skieurs d'expérience sont souvent devant.

"Je veux gagner, c'est sûr", dit-il.

"Je suis passé très près l'an dernier, j'ai été très régulier, donc ce que j'espère maintenant, c'est concrétiser tout ça. Au moins en gagner une. Je m'entraîne pour ça depuis que je suis gamin."

Sept fois dans le Top 10 de la spécialité en 2012, il a "franchi un grand pas" mais vise maintenant des podiums, rien que des podiums. Et juge ses comparses capables d'en faire autant.

"Adrien (Théaux) est très bien, moi je skie bien, David Poisson skie pas mal. Le groupe est assez homogène", jauge-t-il, louant les vertus de l'échange et de la complémentarité.

Adrien Théaux, monté sur trois podiums l'an dernier dont deux en Super-G et un en descente, acquiesce.

"Il y a vraiment tout le groupe qui est en train de monter et ça nous permet d'avoir une très bonne émulation. Sur la piste, on est adversaires mais à côté, on est des vrais potes et ça nous permet d'avancer", souligne-t-il.

"On regarde ce que les autres font de bien et on s'aperçoit d'année en année que ça va de mieux en mieux."

Le directeur technique national Fabien Saguez, qui s'est rendu en Argentine sur les lieux des stages estivaux, est convaincu que l'équipe de France masculine peut faire très fort.

"J'ai vu du gros ski à Ushuaïa. Ça va gagner."

Avec Chrystel Boulet-Euchin et André Assier

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