Ski: Alexis Pinturault préfère le cristal à l'or

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ALEXIS PINTURAULT À LA COUPE DU MONDE À L'ESPRIT
ALEXIS PINTURAULT À LA COUPE DU MONDE À L'ESPRIT

par Julien Pretot

PARIS (Reuters) - Nouvelle locomotive du ski alpin français, Alexis Pinturault aborde la saison olympique avec, avant tout, la Coupe du monde à l'esprit.

"Je suis dans de bonnes dispositions pour attaquer l'hiver", dit Pinturault qui, pour avoir gagné le slalom de Val d'Isère et le géant de Garmisch-Partenkirchen l'hiver dernier, a vite été identifié comme chef de file.

"J'en suis conscient, j'en assume la responsabilité mais il ne faut pas oublier que le plus important n'est pas de skier pour les médias mais pour soi-même", assure le skieur de Courchevel âgé de 22 ans.

Alexis Pinturault, qui est déjà également monté sur un podium de super-G, estime toutefois que c'est dans les disciplines techniques qu'il a ses plus belles chances de briller, malgré l'ultra-domination de Ted Ligety en géant la saison dernière.

"Ma plus grosse chance, quand on regarde les podiums que j'ai fait, c'est le géant et le super-combiné sur le papier mais il ne fait pas négliger le slalom", dit-il.

Ce qui fait rêver Pinturault, toutefois, c'est le classement général de la Coupe du monde.

Sixième en 2013, le Français n'échangerait pour rien au monde un gros Globe de cristal.

"Premier du gros Globe, je ne l'échangerais pas. Cela se vaudrait presque (avec les Jeux olympiques) mais le gros Globe est la plus belle consécration sportive", assure-t-il.

"Les JO restent une course d'un jour."

Bizarre, eu égard à l'exposition et aux retentissements d'un titre olympique.

"IL Y A DES JOURNALISTES DE PARTOUT"

"C'est ma carrière, pas la carrière de la France", coupe Alexis Pinturault, qui apprend à gérer la pression.

"Je connais les attentes mais il ne faut pas se laisser étouffer par tout ce qu'il y a autour. Le sport que je fais, je le fais pour moi, pas pour les autres".

Dans le top 6 des quatre épreuves auxquelles il a participé aux championnats du monde 2013, Pinturault, vainqueur de la Coupe du monde de super-combiné, veut se servir de la semaine de Schladming pour les Jeux.

"J'ai essayé d'apprendre. Il ne faut pas être trop gentil", résume-t-il. Et ça commence par les médias, qui en auront moins à se mettre sous la dent cette saison.

Les courses des Jeux, il les abordera sans pression particulière.

"Il faut savoir qu'une course ça reste 'piquet rouge/piquet bleu', je ne vois pas pourquoi il faudrait mettre une course des Jeux sur un piédestal", dit-il.

Pinturault, toutefois, nuance.

"Tout ce qui a autour, c'est dix fois pire", admet-il.

"Pour aller s'entraîner c'est la guerre, il y a des journalistes de partout."

En Coupe du monde comme aux Jeux, son adversaire en géant se nommera certainement Ted Ligety, l'Américain qui a écoeuré la concurrence en 2012-2013.

"Je ne sais pas si je l'ai rattrapé mais j'ai travaillé", dit Pinturault.

"J'ai travaillé sur le matériel aussi, car l'an dernier je n'avais pas eu cette chance. Est-ce que ça va suffire ? Je ne sais pas.

"Ligety a écrasé la concurrence surtout en début d'hiver. Il y avait des écarts de deux secondes, et deux secondes à notre niveau, c'est phénoménal, ça n'était pas arrivé depuis des dizaines et des dizaines d'années", poursuit-il.

"Ça nous a foutu un peu les boules, à moi en particulier et j'ai essayé de faire le nécessaire pour rebondir."

Edité par Olivier Guillemain

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