Ski: Alexis Pinturault, itinéraire d'un surdoué

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ALEXIS PINTURAULT, L'ENFANT PRÉCOCE DU SKI
ALEXIS PINTURAULT, L'ENFANT PRÉCOCE DU SKI

par André Assier

LYON (Reuters) - Avec Alexis Pinturault, la France possède un skieur de 20 ans dont l'exceptionnelle précocité affichée cette saison promet des lendemains qui chantent.

Double champion du monde junior de géant en 2009 et 2011 et surtout vainqueur de la Coupe d'Europe l'an passé - une première pour un Français - le polyvalent tricolore explose littéralement depuis quelques semaines dans la cour des grands.

En mars 2011, à 20 ans tout juste - il est né le 20 mars 1991 - le skieur de Courchevel prend la 2e place à Kranjka Gora. En octobre dernier, il récidive (2e) à Solden pour l'ouverture de la saison 2011-2012.

A la veille du week-end de Kitzbühel (Autriche) qui marque la mi-saison, il occupe la 9e place au classement général de la Coupe du monde, après avoir marqué des points dans quatre disciplines sur les cinq du "grand cirque blanc".

La raison de cette précocité ? Peut-être ses origines. "Il est à moitié norvégien et à moitié français, c'est peut-être cela le secret", estime David Chastan, son entraîneur.

"C'est une exception dans la maturité, dans sa manière de skier et d'approcher les courses. Il arrive ainsi à tout mettre en place rapidement", ajoute ce dernier.

De mère norvégienne (Hege) et de papa français (Claude) hôtelier à Courchevel, Alexis Pinturault est couvé par le ski français depuis longtemps.

De ses parents, aujourd'hui divorcés, il retient l'essentiel. "Soit tu fais du sport pour transpirer, pour ta santé personnelle, soit tu t'engages pour la compétition et tu le fais à fond", lui a intimé son père, sa mère lui transmettant ses valeurs nordiques, comme la persévérance et l'acharnement.

PRÉCOCITÉ NORVÉGIENNE

Alexis Pinturault est un peu une exception dans un ski tricolore habitué chez les hommes à attendre des années pour confirmer, à l'image des sacres olympiques de Franck Piccard à 24 ans en 1988, de Jean-Luc Crétier en 1998 à 32 ans et des victoires en Coupe du Monde pour Luc Alphand à partir de 30 ans.

"Je ne sais pas si je suis une exception, mais on dit que les Norvégiens sont souvent précoces. C'est peut-être lié à cela", dit-il en souriant.

Le milieu du ski, en tout cas, est sous le charme. "Il a un toucher de neige extraordinaire et une manière de piloter les skis très fine", juge Michel Vion, le président de la Fédération française de ski.

"Il est inébranlable au niveau de son mental. On a l'impression que rien ne peut le perturber", dit encore Michel Vion.

A même pas 21 ans, Pinturault voit reposer sur ses épaules le poids d'une bonne partie des espoirs du ski masculin français, mais cela ne semble guère le perturber.

"Si c'était un fardeau, j'arrêterais le ski de suite. L'an passé, à l'étage du dessous, en Coupe d'Europe, j'avais le général à aller chercher et cette sorte de pression. Et ce n'est pas pour autant que cela m'a mis en travers. J'étais centré sur moi-même et cela m'a souri."

A Kitzbühel, il devrait découvrir vendredi la fameuse piste de la Streif pour le Super-G, avant le slalom de dimanche et celui de mardi à Schladming.

Entre les piquets serrés, là aussi, le Savoyard affiche des progrès extrêmement rapides: 17e à Zagreb, 11e à Adelboden et 8e à Wengen.

Désormais 26e mondial dans la spécialité, Pinturault veut frapper un grand coup en Autriche. "Ce début de saison m'apporte de la sérénité et de la confiance. Une fois de plus, j'arrive à confirmer et à chaque fois un peu mieux", dit-il en visant un podium dans la discipline avant la fin de la saison.

Tout irait donc trop vite pour le Savoyard ? Ce n'est pas l'avis de l'intéressé. "Non, cela ne va pas trop vite. Je suis juste là où je veux être", assure-t-il.

Edité par Pascal Liétout

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