Sixième mois consécutif de hausse du chômage en Allemagne

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LE CHÔMAGE EN ALLEMAGNE
LE CHÔMAGE EN ALLEMAGNE

par Sarah Marsh

BERLIN (Reuters) - Le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté pour le sixième mois consécutif en septembre en Allemagne, signe que la demande intérieure ne parvient peut-être pas à compenser la baisse des exportations due à la crise de la dette pour soutenir la croissance de la première économie de la zone euro.

Le chômage reste cependant proche de son niveau le plus bas depuis la réunification de l'Allemagne il y a deux décennies, à 6,8%, un taux inchangé qui contraste avec la détérioration de la situation de l'emploi en France ou en Espagne.

L'Allemagne a compté en septembre 9.000 nouveaux demandeurs d'emploi en données corrigées des variations saisonnières, selon des chiffres publiés jeudi par l'Office fédéral du travail.

Ce chiffre est à comparer aux prévisions des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur 10.000 nouveaux inscrits.

Les économistes sont encore plus pessimistes pour les mois qui viennent, le ralentissement économique mondial et la crise de la dette dans la zone euro risquant d'inciter les entreprises à différer leurs investissements.

Même limitée, la hausse du chômage pourrait aussi handicaper la chancelière allemande Angela Merkel avant les élections législatives de l'an prochain, et renforcer l'hostilité des Allemands à tout nouveau plan de sauvetage pour les pays en difficulté de la zone euro.

"Le marché de l'emploi est en train de s'essouffler, lentement mais sûrement, et tous les indicateurs avancés ne sont pas plus encourageants", commente l'économiste d'ING Carsten Brzeski.

"Il est peu probable que la consommation intérieure puisse prendre le relais (des exportations) en tant que moteur de l'économie allemande."

L'indice du climat des affaires Ifo, paru lundi, a ainsi reculé pour le cinquième mois consécutif en septembre, et ce contre toute attente.

SIGNES DE FAIBLESSE

L'économie allemande a jusqu'à présent plutôt bien résisté à la crise, malgré un ralentissement de la croissance à 0,3% au deuxième trimestre, et la solidité du marché du travail a joué un rôle fondamental dans le soutien de la demande intérieure.

Mais les signes de faiblesse se sont récemment multipliés, avec la suppression de milliers d'emplois par des entreprises comme Metro, Lufthansa ou Deutsche Bank.

D'autres, comme Opel, filiale du constructeur automobile américain General Motors, ou le fabricant d'acier ThyssenKrupp, ont de plus en plus recours au "Kurzarbeit", un système de temps partiel subventionné par le gouvernement.

"La crise de la dette prélève son tribut", constate Andreas Scheuerle, analyste chez Dekabank. "Les sociétés suspendent leurs investissements."

Les données publiés jeudi montrent qu'il y avait 2,911 millions de demandeurs d'emplois en septembre, contre 2,902 millions en août, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis octobre 2011.

"La faiblesse de la croissance économique se répercute sur le marché du travail", a souligné le directeur de l'Office fédéral du travail, Frank-Jürgen Weise. "Toutefois, le marché du travail se montre globalement solide."

Les analystes s'attendent toutefois à ce que la situation se détériore à court terme.

"L'évolution est bien sûr très modérée", note Peter Meister, de BHF Bank. "Mais dans les deux prochains mois, le chômage corrigé des variations saisonnières va augmenter de manière sensiblement plus forte que ça n'a été le cas jusqu'à présent."

Tangi Salaün pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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  • SeanO le jeudi 27 sept 2012 à 16:59

    C'est pourquoi Merkel veut maintenant relâcher la pression.Et il y a encore des im-béciles pour nous expliquer que la solidarité européenne devient réalité...

  • wikus le jeudi 27 sept 2012 à 13:38

    qui la cite en exemple ???les politicars verreux ?les journaliste qui ne veulent pas perdre leurs avantages fiscaux ?

  • rmiossec le jeudi 27 sept 2012 à 13:02

    Oh ! la vertueuse.....citée en exemple pour l'Europe, tousse aussi. Donc Angela, un peu d'eau dans ton vin concernant la rigueur budgétaire. Souvent non respectée les années passées, et étrangler la population n'est pas la solution (Grèce, Espagne, Portugal etc)

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