Six pétroliers et gaziers européens veulent tarifier le carbone

le , mis à jour à 15:33
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PARIS, 1er juin (Reuters) - Six compagnies pétrolières et gazières basées en Europe, parmi lesquelles Total TOTF.PA , ont lancé lundi un appel aux États et à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) afin d'instaurer des mécanismes de tarification du carbone. Egalement signé par BG Group BG.L , BP BP.L , Eni ENI.MI , Shell RDSa.L et Statoil STL.OL , cet appel se double d'une campagne en faveur du gaz, les majors cherchant à promouvoir le rôle qu'il pourrait jouer dans la réduction des émissions de CO2, à six mois de la conférence sur le climat qui se tiendra à Paris en décembre (COP21). Le gaz, dont Total souligne qu'il émet deux fois moins de CO2 que le charbon dans la génération d'électricité, représente aujourd'hui un peu plus de la moitié de la production du groupe français, contre un tiers il y a dix ans, et son poids devrait continuer à croître. "Nous sommes responsables d'une partie significative des émissions - un tiers viennent de nos opérations et de nos produits -, mais je pense aussi que nous avons les moyens d'être une partie de la solution", a déclaré le directeur général de Total Patrick Pouyanné, lors d'une réunion avec la presse. "Si on appelle aujourd'hui à mettre un prix du carbone, c'est pour donner un espace au gaz par rapport à d'autres énergies fossiles", a-t-il ajouté. "Bien sûr, on fait un plaidoyer pour le gaz (...) parce que c'est notre 'business'. Mais je crois profondément qu'on ne fera des progrès en matière d'écologie que si ça fait du sens sur le plan économique. Aucun acteur rationnel n'investit que pour l'écologie." Tout en jugeant utopique l'instauration d'un prix unique du CO2 au niveau mondial, Patrick Pouyanné a en outre souligné le souhait des six majors européennes d'obtenir de grands cadres réglementaires transparents et stables en vue de relier entre eux à terme différents mécanismes nationaux. Il a estimé que, pour favoriser la substitution du gaz au charbon dans la production d'électricité en Europe, le prix du CO2 actuellement en vigueur dans la région devrait passer de 7 euros à près de 40 euros la tonne. Patrick Pouyanné a également fait savoir qu'il espérait qu'un groupe pétrolier américain rejoigne l'appel lancé par les six majors européennes. Total mise en particulier sur le marché du gaz naturel liquéfié (GNL), qui devrait selon lui croître deux fois plus vite que celui du gaz dans son ensemble d'ici à 2030, à un rythme de 4% par an, en raison des avantages que le GNL présente en matière de transport et donc d'arbitrage. Le groupe estime que sa production et sa commercialisation de GNL devraient atteindre environ 33 millions de tonnes par an en 2020, contre près de 19 millions aujourd'hui, grâce aux mises en exploitation de ses grands projets en Russie (Yamal) et en Australie (Gladstone et Ichthys). L'appel lancé par les six majors européennes intervient à la veille de l'ouverture du congrès mondial du gaz, à Paris jusqu'au 5 juin. La tribune des six majors en faveur d'un prix du carbone : http://bit.ly/1K4dX7I (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)


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