Six Nations: un XV de France taillé pour le jeu anglais

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PHILIPPE SAINT-ANDRÉ CHOISIT UN XV DE FRANCE POUR CONTRER LE JEU ANGLAIS
PHILIPPE SAINT-ANDRÉ CHOISIT UN XV DE FRANCE POUR CONTRER LE JEU ANGLAIS

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - En changeant de charnière, son premier acte fort de sélectionneur, Philippe Saint-André a voulu fournir des armes stratégiques supplémentaires à son équipe pour contrecarrer le jeu de l'Angleterre dimanche, dans le Tournoi des Six Nations.

Associés pour la première fois en Bleu, le demi de mêlée Julien Dupuy et l'ouvreur Lionel Beauxis ont l'avantage de bien se connaître après deux années ensemble au Stade Français entre 2009 et 2011.

Avec cette charnière aux commandes d'un paquet d'avants et d'une ligne d'arrière inchangés, le patron de Bleus espère éviter certaines "erreurs stratégiques" commises lors du nul face à l'Irlande (17-17) et surtout améliorer la conduite du jeu pour réussir l'entame de la rencontre.

"C'est plus un ajustement tactique, un choix par rapport à la stratégie que l'on veut faire et pour essayer de mieux commencer les matches contre une équipe anglaise qui occupe le terrain et qui est l'équipe qui joue le plus au pied dans ce Tournoi", a dit Philippe Saint-André mercredi en conférence de presse.

"Pour mieux commencer les matches, il faut mieux essayer de mettre la pression sur l'adversaire que de jouer dans ses 20-30 mètres."

Le "pied international" de l'ouvreur de Toulouse Lionel Beauxis est très attendu par le staff tricolore pour redonner de la précision et de la profondeur au jeu au pied français déficient depuis le début du Tournoi des Six Nations.

"On veut avoir du jeu au pied très long pour contrer le jeu de ping-pong et d'occupation des Anglais", a expliqué Saint-André.

Plutôt enclin à protéger ses joueurs, Saint-André a clairement puni sa charnière Morgan Parra-François Trinh-Duc mise en cause lors du premier essai irlandais lors du nul face à l'Irlande (17-17).

"Ce n'est pas une sanction. Ils ne sont pas sortis du groupe. Ils sont là. Ils peuvent rentrer à tout moment et être décisifs. C'est un choix", a justifié Saint-André.

Dupuy et Beauxis "n'ont pas l'habitude de jouer en équipe de France mais ils ont des habitudes de club. C'est plus cohérent de changer les deux joueurs que d'en changer un seul", a-t-il ajouté.

Le patron des Bleus aligne donc sa troisième charnière en quatre compositions d'équipe et relance deux joueurs qui n'avaient plus débuté cher les Bleus depuis 2009, juin pour Beauxis en l'Australie (22-6), novembre pour Dupuy à Marseille face à la Nouvelle-Zélande (39-12).

"DISCUSSIONS ET DÉBATS"

En revanche, le staff n'a pas modifié le reste de l'équipe malgré "des débats" et "des discussions" animés sur certains joueurs.

Au centre, le Clermontois Wesley Fofana, auteur de trois essais lors de ses trois premières sélections, continue d'être associé avec son coéquipier Aurélien Rougerie alors que les deux joueurs ont manqué de justesse en attaque face à l'Irlande.

L'adaptation aux caractéristiques anglaises a primé une fois de plus dans le choix de conserver cette association pour la quatrième fois de suite.

"Il y a eu discussions et débats. (Manu) Tuilagi est très puissant. La paire clermontoise l'a joué deux fois contre Leicester (en Coupe d'Europe en décembre dernier, NDLR) et l'a bien maîtrisé", a expliqué Saint-André.

Saint-André n'a pas voulu modifié un huit de devant qui a donné entière satisfaction face à l'Irlande.

"On a voulu garder de la cohérence. Sur la performance contre les Irlandais, on fait 100% en mêlée, 150% en touche, 100% sur nos lancers et on vole trois ballons sur la touche irlandaise", a-t-il justifié.

"Il y a eu un déficit au départ dans le un contre un. On a ensuite bien fini le match. Le banc cohérent a emmené énormément de puissance et nous a fait avancer", a-t-il ajouté.

Là-aussi, la troisième ligne Thierry Dusautoir-Imanol Harinordoquy-Julien Bonnaire, titulaire lors du quart de finale victorieux de Coupe du monde contre l'Angleterre (19-12), est maintenue malgré le profil puissant de numéro 8 de Louis Picamoles, plutôt adapté au jeu anglais.

"On a eu une discussion sur Louis qui a fait une bonne rentrée. Mais, si on parle d'occupation (du terrain), il faut que la touche soit très, très bonne. Avec Imanol (Harinordoquy) et Julien (Bonnaire), on a plus d'assurance. Au niveau du coaching, Louis rentrera beaucoup plus tôt. Devant, c'est le seul poste où il y a eu débat", a reconnu Saint-André.

Le XV de départ n'a jamais eu aussi peu de mondialistes -neuf joueurs - depuis la prise de fonction de Saint-André en décembre 2011.

Avec deux succès face à l'Italie (30-12) et l'Ecosse (23-17) et un nul face à l'Irlande (17-17), le XV de France a encore toutes les cartes en main pour remporter le Tournoi avant la réception de l'Angleterre dimanche et le dernier déplacement au Pays de Galles le 17 mars.

Composition de l'équipe:

15-Clément Poitrenaud, 14-Vincent Clerc, 13-Aurélien Rougerie, 12-Wesley Fofana, 11-Julien Malzieu, 10-Lionel Beauxis, 9-Julien Dupuy, 8-Imanol Harinordoquy, 7-Julien Bonnaire, 6-Thierry Dusautoir (capitaine), 5-Yoann Maestri, 4-Pascal Papé, 3-Nicolas Mas, 2-Dimitri Szarzewski, 1-Jean-Baptiste Poux.

Remplaçants: 16-William Servat, 17-Vincent Debaty, 18-Lionel Nallet, 19-Louis Picamoles, 20-Morgan Parra, 21-François Trinh-Duc, 22- Maxime Mermoz.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Benjamin Massot

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