Six Nations: un tournoi au goût étrange pour les Bleus

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UN TOURNOI AU GOÛT ÉTRANGE POUR LES BLEUS
UN TOURNOI AU GOÛT ÉTRANGE POUR LES BLEUS

par Matthieu Baratas

CARDIFF (Reuters) - Au lendemain d'une défaite au Pays de Galles (16-9) qui a conclu le pire Tournoi des Six Nations des Bleus depuis 2001, le XV de France est partagé entre un contenu "en progression" et des résultats "médiocres" avec en ligne de mire un objectif, réussir à se renouveler rapidement.

Entrée dans la compétition auréolés d'un nouveau statut de vice-champions du monde, les Français, favoris de cette édition 2012, ont vite perdu leurs ambitions en ne gagnant pas des matches pourtant à leur portée.

"On a ce qu'on mérite. Les Gallois pour le Grand Chelem, nous notre Tournoi. On ne va que progresser. Le contenu du Tournoi n'est pas mal. Le résultat et le classement sont médiocres", a constaté dimanche, un brin amer, Philippe Saint-André en conférence de presse.

Le XV de France s'est d'abord imposé face aux deux équipes supposées les plus faibles du Tournoi, l'Italie (30-12) et l'Ecosse (23-17), avant de faire un match nul contre l'Irlande au goût de défaite (17-17) et de s'incliner coup sur coup face aux Anglais (24-22) et contre le Pays de Galles.

Au cours de ces cinq rencontres, la France a rivalisé dans l'intensité physique mais beaucoup moins dans l'efficacité offensive et défensive, avec huit essais inscrits pour autant d'encaissés.

Dans un Tournoi avec des temps de jeu anormalement élevés, plus de 40 minutes, Philippe Saint-André a apprécié une défense qui finit avec le meilleur taux de plaquages réussis, la discipline, "excepté samedi", selon ses mots, et surtout l'état d'esprit affiché par les joueurs dans le prolongement de la Coupe du monde.

"J'y vois plus clair dans beaucoup de choses. On a été quatre semaines ensemble comme une Coupe du monde. Après quatre semaines de vie commune, on connaît mieux les joueurs, leurs points forts et points faibles, leur force mentale. On a des certitudes sur certaines choses et sur d'autres il faudra trouver des solutions", a souligné le manager des Bleus.

DES CHOIX ASSUMÉS

En raison du report de Franc-Irlande le 11 février pour cause de terrain gelé, les Bleus ont dû enchaîner quatre rencontres de haut niveau en quatre semaines sans temps de récupération, ce qui explique certainement un "manque de lucidité", face à l'Angleterre et au Pays de Galles.

Du coup, le chantier "des choses à améliorer" est plus ou moins cerné: la finition et la préparation physique et technique.

"Contre le Pays de Galles, on a trois franchissements et deux occasions d'essais, deux belles, mais on ne les met pas au fond. Il faut qu'on progresse dans la finition. La finition, c'est souvent plus de lucidité dans le dernier geste. On en a manqué sur nos trois derniers matches", estime Saint-André.

Le staff a pris sa part de "responsabilité" dans la mauvaise gestion des rencontres, notamment les entames et la mise en place des nouveaux systèmes offensifs et défensifs dans un laps de temps de préparation trop court.

"Je le prends comme une responsabilité. Ce n'est pas l'échec des joueurs. On n'a pas été assez précis sur pas mal de choses. On a emmené un nouveau système. Les joueurs se sont investis à 200%, ils croient au système et ont montré du coeur et de l'application", a analysé Philippe Saint-André.

NOUVELLES TÊTES

Le patron des Bleus intronisé en décembre a fait le choix de s'appuyer sur le socle expérimenté mais vieillissant des mondialistes et d'intégrer à "dose homéopathique" des nouvelles têtes.

"On ne va pas se voiler la face: on avait une équipe assez âgée. Si c'était à refaire, je prendrais la même décision. Les vice-champions du monde méritaient de faire le Tournoi et on espérait faire une finale à Cardiff", a justifié Saint-André.

"Il ne faut pas galvauder le Tournoi. C'est tellement simple de dire que c'est un mauvais choix après. La décision a été bien mûrie avec le comité de sélection, Yannick Bru et Patrice Lagisquet", a-t-il complété.

A l'instar du Pays de Galles et sa moyenne d'âge de 25 ans, l'équipe de France va persévérer dans sa politique de rajeunissement sans toutefois tomber dans l'excès.

"On a déjà intégré des jeunes et on n'a pas eu peur de les lancer comme Fofana, Maestri et Buttin", a fait remarquer Saint-André, en citant par ailleurs les piliers David Attoub et Vincent Debaty et le centre Florian Fritz.

"On va vraiment rajeunir. Il y aura beaucoup d'autres jeunes pour la tournée en Argentine (en juin). On a déjà une liste de joueurs en tête. On va partir sur un nouveau cycle encadré par quelques cadres", a dit Saint-André en faisant un clin d'oeil aux moins de 20 ans, qui viennent d'écraser le Pays de Galles (36-16) dans leur propre Tournoi des Six Nations.

Edité par Olivier Guillemain

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