Six Nations: un France-Italie plus que compliqué ?

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LA FRANCE ENTAME LE TOURNOI DES SIX NATIONS À ROME
LA FRANCE ENTAME LE TOURNOI DES SIX NATIONS À ROME

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - Le XV de France aborde le Tournoi des six nations contre l'Italie, dimanche, à Rome, deux mois après son petit chelem de novembre qui lui donne élan mais aussi obligation de résultat.

Ainsi le veut Philippe Saint-André qui déclare sans ambages: "On est sur quatre victoires d'affilée, on en veut une cinquième."

Le manager-sélectionneur juge en outre "normal d'être favori avec l'Angleterre" et précise surtout son objectif immédiat. "Il faut bien rentrer dans le Tournoi", dit-il. "On va faire par blocs de deux, gagner en Italie et bien recevoir les Gallois. On pensera au reste après."

Pour atteindre ces objectifs, Philippe Saint-André et ses adjoints Yannick Bru et Patrice Lagisquet, désormais bien installés à la tête du XV de France, se sont appuyés sur la tournée de novembre pour le choix des hommes et la stratégie.

Comme souvent dans les débuts de Tournoi, leur tâche n'a cependant pas été facilitée par le calendrier dicté par les incohérences du rugby français.

Alors que tous leurs rivaux bénéficiaient de deux semaines de stage, la préparation n'a commencé que par un chaotique rassemblement à 35 au lendemain d'une soirée de Top 14.

L'épisode s'est réduit de l'aveu même de Saint-André à "trois jours de récupération et de vidéo sans vraiment de rugby" et rythmés par les forfaits dus aux blessures du championnat.

Ainsi sont sortis du groupe l'arrière et l'ailier de novembre, Brice Dulin et Vincent Clerc, plus le troisième ligne Wenceslas Lauret. Ils ont été remplacés au fil du week-end par Maxime Médard, Hugo Bonneval et Pierrick Gunther qui sont surtout venus à Marcoussis pour toucher le paquetage des internationaux avant d'en repartir aussi vite qu'arrivés.

Lorsque le moment est venu de réduire les 35 à 23, Saint-André a ajouté un 24e homme pour se donner le temps de former sa troisième ligne.

Autour de Thierry Dusautoir, Fulgence Ouedraogo et Louis Picamoles, l'incertitude est ainsi apparue dans le groupe. C'est finalement Yannick Nyanga qui a été sacrifié mais deux jours d'entraînement en avaient sans doute souffert.

"TSUNAMI"

D'autres incertitudes sont venues de la décision de Saint-André de n'annoncer la composition du XV de départ que le vendredi. En sont apparues aussi des rivalités plus ou moins déclarées sur les postes qui étaient en balance.

Morgan Parra a fini par laisser percer sa frustration lorsqu'il a compris que le n°9 de demi de mêlée allait une nouvelle fois lui échapper au profit de Maxime Machenaud qui compte 42 sélections de moins que lui (46 contre 4) au même âge.

François Trinh-Duc a dit se donner 50% de chances d'être titulaire à l'ouverture mais ses mouvements de lèvres et le noir de ses yeux montraient bien qu'il aurait du mal à accepter de n'être que la doublure de Frédéric Michalak.

Wesley Fofana a clairement fait savoir qu'il préfèrerait jouer au centre qu'à l'aile où le cantonne Saint-André.

Le trio d'arrières-ailier Fofana-Benjamin Fall-Yoann Huget interpelle par son absence de véritable arrière et ses lacunes dans le jeu au pied. Mathieu Bastareaud ne paraît pas le joueur le plus complet pour être le seul trois-quart remplaçant.

Le XV de France va cependant entrer dans le Tournoi avec des garanties, dont le pack de novembre plus Thierry Dusautoir, un nouveau capitaine, Pascal Papé, qui semble faire une unanimité guerrière, une belle charnière Machenaud-Michalak et une efficace paire de centres, Florian Fritz-Maxime Mermoz.

Au Stade olympique de Rome, où il va jouer pour la première fois, il aura aussi un garde-fou, la défaite subie dans la capitale italienne il y a deux ans, la première face à l'Italie depuis son entrée dans le Tournoi en 2000.

"Les statistiques donnaient la France favorite (...) On a perdu (ndlr: 22-21), ça avait créé un tsunami en France à six mois de la Coupe du monde", rappelle Saint-André.

"On sait qu'il va y avoir du vrai combat en Italie devant 70.000 personnes. L'Italie n'est plus une petite équipe comme l'opinion publique peut le penser (...) Ce sera un match plus que compliqué", ajoute-t-il.

"Les joueurs respectent les Italiens, ils regardent les images et ils savent que si on ne met pas les ingrédients d'un match de très, très haut niveau, on passera à travers. A nous d'être disciplinés et précis au niveau de la conquête."

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