Six Nations: un destin à forcer pour le XV de France

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LE XV DE FRANCE DOIT FORCER SON DESTIN
LE XV DE FRANCE DOIT FORCER SON DESTIN

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - Italie, Galles, Angleterre, le XV de France est pris dans l'engrenage des mauvais Tournois des Six Nations et un autre mauvais tour de roue à Dublin, samedi, le mettrait sous la menace directe d'une catastrophique "cuillère de bois".

Certes, l'heure n'est pas encore à la mobilisation générale contre cette humiliation qui sanctionne les grands chelems de défaites que la France n'a plus connue depuis 1957, quand le Tournoi se jouait à cinq, en quatre matches.

"Cuillère de bois" était une expression infâmante interdite durant toute la semaine à Marcoussis. Les mots d'ordre étaient "honneur du maillot", "régler les détails", "corriger les erreurs et les fautes" et "forcer le destin".

Par cette expression un peu grandiloquente, le sélectionneur Philippe Saint-André a concédé que l'heure était tout de même d'une gravité à la hauteur de la déception de ce Tournoi pourtant entamé sur l'élan des succès de novembre.

"Forcer le destin" donc, mais comment?

Comme souvent dans les périodes difficiles d'une équipe de rugby, Philippe Saint-André a choisi de faire simple.

Il n'y a pas eu de grands bouleversements dans le groupe des 23 après la défaite 23-13 à Twickenham mais seulement deux changements, Sébastien Vahaamahina pour Jocelino Suta en deuxième ligne et Maxime Médard pour Benjamin Fall à l'aile. Sont ensuite intervenus le forfait de Dimitri Szarzewski et l'arrivée au talonnage de Guilhem Guirado.

Après une semaine de pause et de retour dans ce que François Trinh-Duc a décrit comme "le cocon du club", la semaine de préparation a commencé sans éclats de voix ni séances vidéo vengeresses, en public en tout cas.

Lorsqu'est venu le temps de former le XV de départ, Philippe Saint-André n'a effectué que trois changements et a dit s'inscrire dans "une logique de construction" du groupe pour la Coupe du monde 2015.

Il a ainsi jugé "naturel" de ne pas toucher au paquet d'avants "très performant en conquête pendant une heure contre l'Angleterre".

LA DER DE "BOD"

Symbole de stabilité et de simplicité, la troisième ligne composée de Thierry Dusautoir, Louis Picamoles et Yannick Nyanga sera entièrement toulousaine et la "poutre" du pack sera un autre Toulousain, le deuxième ligne Yoann Maestri.

Tout aussi toulousain sera le triangle arrière Vincent Clerc et Maxime Médard aux ailes et Yoann Huget en n°15.

Là encore, un autre Toulousain, le centre Florian Fritz viendra compléter une ligne dont la seule exception sera Wesley Fofana qui est le plus Toulousain des Clermontois.

Saint-André a cependant fait un accroc à la continuité en alignant ainsi sa quatrième paire de centres depuis le début du tournoi et deux joueurs qui n'ont été associés qu'une fois lors de la défaite à Cordoba contre l'Argentine en juin dernier.

Et même s'il affirme avoir stabilisé une charnière à quatre joueurs, Saint-André alignera aussi sa troisième paire de demis en quatre matches, Morgan Parra et Frédéric Michalak qui n'ont en outre partagé qu'une titularisation dans les 13 premiers matches de son ère.

C'est donc dans cette formation que le XV de France a quitté Marcoussis fort tôt (07h30) vendredi matin pour Dublin afin d'y livrer ce que son sélectionneur a annoncé comme "un match copieux et engagé".

L'Irlande, avec certes une victoire à Cardiff, mais aussi deux défaites, une à domicile face à l'Angleterre et une à Edimbourg pour la première fois depuis douze ans, est pourtant loin de briller depuis le début du Tournoi.

Elle accueillera la France sous la direction d'un sélectionneur, Declan Kidney, décrié par tous, et privée de son ouvreur n°1 Jonathan Sexton remplacé par un joueur de 21 ans et une sélection.

Manqueront également d'autres joueurs qui ont fait les belles heures de son Grand Chelem de 2009, le deuxième ligne Paul O'Connell et le centre Gordon d'Arcy.

C'est d'un autre centre que pourrait venir son salut car Brian O'Driscoll, "BOD" pour tout Irlandais qui se respecte, jouera sans doute samedi son dernier match international à Dublin pour sa 123e sélection, la 59e dans le Tournoi.

Et nul ne doute que ses coéquipiers et le public de l'Aviva Stadium feront tout pour lui ménager une sortie en fanfare.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Jean-Loup Fiévet

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