Six Nations: Thierry Dusautoir revit en "simple soldat"

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THIERRY DUSAUTOIR SOULAGÉ MALGRÉ LA PERTE DU CAPITANAT
THIERRY DUSAUTOIR SOULAGÉ MALGRÉ LA PERTE DU CAPITANAT

par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Destitué du capitanat des Bleus, en ballottage pour une place de titulaire, Thierry Dusautoir n'était pas un homme déçu mardi mais un homme souriant, détendu, comme soulagé d'être redevenu "simple soldat".

"Mon statut a changé mais ça ne me déboussole pas plus que ça et je vais pouvoir m'occuper surtout de moi", a dit celui qui a été 31 fois capitaine en 54 sélections.

"Je me replonge dans le bain, je me sens bien, je profite", a-t-il ajouté au Centre national du rugby de Marcoussis où le XV de France prépare son premier match du Tournoi des Six Nations contre l'Italie, dimanche à Rome.

Le troisième ligne qui a gagné sur les terrains de France et du monde le surnom de "Black Destroyer" sourit lorsqu'on lui dit que le sélectionneur Philippe Saint-André avait ainsi expliqué sa décision de lui retirer le capitanat pour le confier à Pascal Papé : "Thierry a toujours beaucoup pensé aux autres, il est temps qu'il pense à lui."

Il approuve et explique que le capitanat, c'est "faire attention aux autres, prendre et assumer ses responsabilités".

Réputé taiseux, le Toulousain bavarde, échange, rit, rompant avec les habitudes qu'il avait données à ses interlocuteurs.

"Avant, vous me voyiez en conférence la veille des matches, j'étais fermé, déjà concentré sur le lendemain et puis j'ai souvent été capitaine dans des périodes compliquées pour le XV de France", dit-il.

Le voilà donc "à la même enseigne que les autres". Il a même dû renoncer au luxe d'avoir une chambre individuelle, réservé au capitaine et aux gros ronfleurs.

"J'ai pris sous mon aile le petit Yoann Maestri (2m02, 210 kilos). Il est vraiment bordélique, c'est peut-être le seul vrai problème que j'ai en ce moment", s'amuse-t-il.

"JE SUIS EN BALLOTTAGE"

Dusautoir, pourtant, a un autre souci, et pas des moindres.

Sa blessure à Trévise le 20 octobre, en match de Coupe d'Europe, a mis du temps à disparaître. Trop de temps.

Forfait pour la tournée d'automne, il a même été un sujet de débat pour Saint-André lorsqu'il a fallu constituer une liste de 33 puis de 23 joueurs pour le début du Tournoi.

De 24 joueurs plus exactement, car avec Louis Picamoles (cuisse) et Fulgence Ouedraogo (cheville) blessés, les incertitudes sont encore nombreuses en troisième ligne et le sélectionneur a souhaité se donner deux jours supplémentaires de réflexion.

Mercredi soir donc, un troisième ligne devra quitter Marcoussis et Dusautoir, comme les autres, est sur la sellette.

"Je suis en ballottage, je profite de chaque instant passé à Marcoussis. Je ne suis pas assuré de rester mais j'ai décidé de vivre les choses tranquillement et d'attendre sans me torturer", dit-il.

On aurait pu penser qu'en tant qu'ancien capitaine, le Toulousain aurait eu le droit d'en savoir un peu plus sur son sort. Mais non.

"On ne me dit rien, je n'ai pas à juger la façon dont me traite le staff technique", dit-il.

"Yannick (Nyanga), Louis (Picamoles), Fufu (Ouedraogo) ou Damien (Chouly) sont comme moi, dans l'attente de cette décision. Il n'y a pas de raisons que je sois plus au courant qu'eux de ce qu'il va se passer."

S'il devait quitter le groupe, le troisième ligne raterait son premier Tournoi après cinq participations d'affilée depuis 2008 et prendrait quelques vacances avant de retrouver Toulouse et le Top 14.

Edité par Jean-Paul Couret et Grégory Blachier

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