Six Nations: "Positiver", mot d'ordre du XV de France

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LE XV DE FRANCE À LA RECHERCHE D'UN NOUVEAU SOUFFLE
LE XV DE FRANCE À LA RECHERCHE D'UN NOUVEAU SOUFFLE

par Jean-Paul Couret

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Maxime Médard, Sébastien Vahaamahina et Guilhem Guirado ont hérité mardi à Marcoussis de la mission d'injecter du sang neuf et de l'enthousiasme au XV de France après ses trois défaites dans les trois premiers matches du Tournoi des Six Nations.

Malgré le petit air de printemps qui soufflait sur le Centre national du rugby, la tâche n'était pas facile pour l'arrière du Stade Toulousain, le deuxième ligne et le talonneur de Perpignan.

Tous trois avaient cependant un avantage, celui d'avoir échappé aux débâcles contre l'Italie, le Pays de Galles puis l'Angleterre et chacun s'est attelé à sa mission à sa façon.

Sébastien Vahaamahina l'a fait avec la timidité des néophytes, lui qui n'a que 21 ans et une sélection en tant que remplaçant contre l'Australie au mois de novembre.

Il l'a fait aussi d'une voix étonnamment douce pour son gabarit de deux mètres et 120 kilos et en homme de peu de mots sauf quand il évoque sa Nouvelle-Calédonie natale.

"Tu viens et tu essaies d'apporter même si le groupe n'est pas trop bien", a-t-il dit pour toute réponse sur ses ambitions au moment de retrouver la sélection. "Je vais essayer d'apporter une bonne dynamique, voir ce que je peux faire".

Guilhem Guirado est déjà dans un autre registre avec l'expérience de ses 26 ans et 15 sélections.

Il se présente en joueur "respectueux de la hiérarchie et ambitieux" dans la rivalité qui l'oppose à Dimitri Szarzewski, dont le forfait lui a ouvert la porte de Marcoussis lundi soir, et Benjamin Kayser, dernier titulaire au talonnage à Twickenham.

Ce statut n'empêche pas pour autant le Catalan de céder à la langue de bois.

"PAS UN CADEAU"

"Il faut continuer à travailler sur l'objectif d'une victoire qui sera primordiale pour la suite. Tout le monde est prêt à relever le défi qui nous attend sur ces deux derniers matches", dit-il.

"Il faut rester sur cet objectif-là, sur la victoire. Gagner est le seul mot qu'il faut avoir en tête", ajoute-t-il.

"Il faut que tout le monde continue à travailler comme on le fait et après ça va payer. Il ne faut pas regarder que son nombril, il faut penser au collectif."

L'encadrement de l'équipe a visiblement mis à profit la soirée de dimanche et la journée à huis clos de lundi pour développer la ligne qu'il a décidé de défendre pendant la montée vers le déplacement à Dublin.

L'un après l'autre, les joueurs désignés pour rencontrer la presse ont égrené les clichés qui leur avaient été soufflés.

"On ne se focalise pas sur la cuillère de bois" (sanction d'un Tournoi à cinq défaites en cinq matches), "l'objectif c'est d'aller gagner en Irlande" (...) "Il faut qu'on positive, il ne faut pas se mettre la tête au fond du seau".

Lors des trois tests de novembre gagnés contre l'Australie, l'Argentine et les Samoa, "on ne se posait pas de question", ont-ils aussi répété.

"Il faut retrouver les rebonds favorables, c'est une affaire de détails, de quelques fautes" (...) "Contre les Anglais, il y a quand même eu des choses positives, il faut qu'on garde ça et se refaire contre les Irlandais avec un peu plus de précision et de patience".

Bien sûr, il y a eu des différences dans les discours. Le pilier Nicolas Mas l'a tenu à l'ancienne, honneur et maillot.

"On a un gros challenge à relever parce que pour nous, il n'y a pas grand chose à gagner mais il y a l'honneur de porter ce maillot. Il y a l'obligation de respecter ce maillot. Il faut sortir de ce match avec la tête haute."

Maxime Médard a lui aussi enfilé des perles comme "la France a les moyens de gagner à Dublin" ou "il manque peu de choses pour gagner des matches".

De sa position privilégiée de revenant après un an de blessure et de convalescence, ll l'a cependant fait avec un humour digne de ses rouflaquettes d'esthète et en développant une théorie originale.

"Quand tu sais que c'est la dernière sélection de Brian O'Driscoll, tu te dis ça va être difficile, très difficile. Il a marqué le rugby, il a marqué son époque, ça a été un grand joueur, un grand capitaine. J'ai beaucoup de respect pour lui", a-t-il dit. "Ce n'est pas un cadeau d'aller en Irlande."

Edité par Grégory Blachier

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