Six Nations: opération "rachat anglais" pour le XV de France

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LE XV TRICOLORE EN QUÊTE DE RACHAT
LE XV TRICOLORE EN QUÊTE DE RACHAT

par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Dans le chemin qui mène au "mini-Chelem" dans le Tournoi des Six Nations, l'Angleterre est l'adversaire idéal dimanche pour un XV de

France en quête de rachat après son faux-pas irlandais.

Avec deux succès face à l'Italie (30-12) et l'Ecosse (23-17) et un nul face à l'Irlande (17-17), la France n'a d'autre choix que de battre l'Angleterre dans

une authentique "demi-finale" pour espérer disputer la victoire finale au Pays de Galles dans une semaine.

"Dans notre déception, il y a la satisfaction de se dire qu'on peut encore gagner le Tournoi si on gagne dimanche et si on réalise l'exploit au Pays de Galles",

a résumé le troisième ligne Imanol Harinordoquy. "Ce sera un mini-Chelem car on n'aura pas perdu un match."

Cette année encore, le "crunch" entre une France vieillissante mais sûre de ses forces et une Angleterre rajeunie en pleine reconstruction a tout d'un

moment fort du Tournoi.

Les Français abordent la bataille en vice-champion du monde et surtout victorieux de la dernière confrontation face aux Anglais en quart de finale (19-12).

Les Anglais ont à leur actif la victoire 17-9 lors de la visite de la France à Twickenham l'an dernier et sont les derniers vainqueurs au Stade de France en

2008 (13-24) dans le Tournoi.

L'Angleterre affiche le meilleur bilan d'une équipe européenne face aux Bleus dans le Tournoi avec sept succès lors des onze derniers duels.

Mobilisés depuis juillet, les mondialistes, seulement neuf dans le quinze de départ, n'auront pas de trop de difficultés pour se motiver dans un contexte

chargé d'enjeux.

"Si les joueurs ont une décompression avant de jouer les Anglais, il faudra vraiment que l'on se pose des questions. C'est le "crunch", un match particulier.

En tant que joueur, j'ai toujours adoré les faire. Quand je vois le niveau de concentration et d'enthousiasme des joueurs, je ne pense pas qu'il y aura de

décompression", a rassuré le sélectionneur Philippe Saint-André.

Pour son premier sommet franco-anglais, Saint-André a changé ses patrons de jeu. Exit le duo Parra-Trinh-Duc, Julien Dupuy à la mêlée et Lionel Beauxis à

l'ouverture auront la lourde mission de mettre en ouvre la stratégie préparée toute la semaine pour contrecarrer les forces anglaises.

INCONNUE ANGLAISE

Malgré le changement significatif de la charnière, la continuité est le credo de cette équipe de France. Le paquet d'avants reste inchangé comme la ligne de

trois-quarts.

Régénérés par un aller-retour express et bienvenu dans leurs foyers en début de semaine, les Bleus ont ruminé toute la semaine leur déception du résultat

face à l'Irlande, leur première mi-temps ratée comme leur seconde réussie.

"Il faut l'évacuer et le garder en tête car cela peut nous permettre de nous énerver un peu plus. Il faut qu'on rentre avec l'envie de tout casser et montrer

à l'équipe d'Angleterre dès le début de match qu'ils vont prendre 80 minutes chargées. Il faut qu'on on y mette de l'enthousiasme et du combat", a résumé

Julien Dupuy, le nouveau cornac du pack français.

Autant les Bleus connaissaient l'Angleterre de Jonny Wilkinson, Mike Tindall et Lewis Moody, autant ils ont du mal à situer le niveau de la nouvelle

génération symbolisée par l'émergence de l'ouvreur Owen Farrell et du numéro 8 Ben Morgan, des garçons redoutables et solides aux dires des Bleus.

Vainqueurs médiocres en Ecosse (6-13) et en Italie (15-19) puis perdant immérité à la dernière minute face au Pays de Galles (12-19), ce Quinze de la Rose

est fidèle à ses ainés, "très puissant, très fort défensivement et collectivement et très difficile à jouer" comme le décrit Saint-André.

"Les Anglais restent des Anglais, s'appuient sur leur défense et leur jeu au pied et ont envie de se faire l'équipe de France", a dit le troisième ligne Imanol

Harinordoquy du haut de ses treize "crunches". "Il faudra penser à les cabosser. Il y aura un gros défi et matière à remuer de la barbaque".

Combat, agressivité, engagement. Les Bleus ressortent les mêmes principes de la première mi-temps référence du quart de finale qui a réduit à zéro les

Anglais à la pause pour la première fois depuis 1986 dans un "crunch".

"Ce serait parfait de refaire la même chose", a conclu Lionel Nallet.

Edité par Pascal Liétout

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