Six Nations: O'Driscoll veut une belle fin là où tout a commencé

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O'DRISCOLL VEUT UNE BELLE FIN LÀ OÙ TOUT A COMMENCÉ
O'DRISCOLL VEUT UNE BELLE FIN LÀ OÙ TOUT A COMMENCÉ

par par Padraic Halpin

DUBLIN (Reuters) - Ce samedi 15 mars 2014 tout ce que l'Irlande compte d'amateurs de rugby, de l'Ulster du nord au Munster du sud en passant par le Leinster de Dublin, va prier pour que se répète l'ébouriffant événement du 19 mars 2000.

Ce jour-là, le Stade de France a été le berceau de la naissance d'un prince du rugby, Brian O'Driscoll, saluée par le carillon d'un des plus célèbres hat-tricks d'essais de l'histoire.

Ce samedi, 14 ans moins quatre jours plus tard, le même Brian O'Driscoll délivrera ses dernières passes, fera ses dernières courses, distribuera ses derniers plaquages et tout un stade, le même stade, attendra qu'il fasse son dernier plongeon derrière la ligne et pourquoi pas les trois derniers.

Brian O'Driscoll avait 21 ans le 19 mars 2000. Il avait fait ses débuts internationaux neuf mois plus tôt lors d'une tournée en Australie.

Le rugby irlandais végétait. Son équipe n'avait pas gagné à Paris depuis 28 ans. La dernière Coupe du monde s'était soldée par une humiliante élimination en phase de poules.

Lorsqu'il entra sur la pelouse, Brian O'Driscoll ne payait pas de mine. Il avait une allure efflanquée que soulignait un maillot qui semblait trop grand de deux tailles.

La France menait 6-0 lorsque le jeune maestro a commencé son récital. Après un plaquage autoritaire sur Philippe Bernat-Salles et une paire de percées vives comme une rivière du Connemara, il se porta à hauteur du deuxième ligne Malcolm O'Kelly qui lui offrit son premier essai.

La France menait toujours de neuf points à l'approche de l'heure de jeu lorsqu'une combinaison avec Rob Henderson ouvrit la course au deuxième essai du plus jeune des deux centres.

Le meilleur était encore à venir. A six minutes de la fin du match, O'Driscoll s'échappa après un regroupement avec une telle vitesse qu'Emile NTamack en fut réduit au rôle de spectateur de ses dernières foulées vers son troisième essai.

"IN BOD WE TRUST"

Au coup de sifflet final, le tableau d'affichage annonçait un score de 27-25 pour l'Irlande.

Une pénalité de David Humphries avait scellé le sort du match à deux minutes de la fin mais personne ne doutait que l'artisan de la victoire soit O'Driscoll.

Depuis ce jour, le jeune Brian O'Driscoll né à Dublin le 21 janvier 1979 est devenu BOD en référence au GOD de la devise américaine "In God We Trust" (ndlr: En Dieu, nous croyons) adaptée en "In Bod, We Trust" dans les tribunes de Lansdowne Roard et aujourd'hui de l'Aviva Stadium.

Depuis ce jour, BOD a marqué 46 essais en 132 sélections sous le maillot vert de l'Irlande dont 83 en tant que capitaine, plus du double que quiconque d'autre et à seulement quatre longueurs du record du monde actuel de Richie McCaw.

En 2009, il a conduit l'Irlande à la victoire dans le Tournoi des Six Nations avec un Grand Chelem à la clef, le premier depuis 1848.

Il a participé à quatre tournées des Lions britanniques en 2001, 2005, 2009 et 2013.

Il est surtout devenu l'homme qui a redonné force, confiance et espoir au rugby irlandais.

"Je me souviens seulement avoir pensé que tout était désormais possible", a récemment déclaré Keith Wood qui était talonneur et capitaine de l'équipe d'Irlande le 19 mars 2000.

"Ce match a fait toute la différence pour moi et pour l'équipe parce que tout d'un coup nous avons compris que même si un match se passait mal nous avions un joueur qui pouvait marquer trois essais".

Brian O'Driscoll a déjà fait ses adieux au public irlandais samedi dernier sur une impeccable victoire 46-7 face à l'Italie à Dublin.

Il lui reste à faire ses adieux au rugby international ce samedi au Stade de France.

Les hasards du rugby lui ont ménagé une sortie face au joueur français qui semble le mieux né pour devenir un autre lui-même, le trois-quart centre Gaël Fickou, titularisé dans le Tournoi pour la première fois à 19 ans.

(Jean-Paul Couret pour le service français)

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