Six Nations: Michalak et Trinh-Duc, ouvreurs en péril

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FRÉDÉRIC MICHALAK ET FRANÇOIS TRINH-DUC SUR LA SELLETTE
FRÉDÉRIC MICHALAK ET FRANÇOIS TRINH-DUC SUR LA SELLETTE

par Jean-Paul Couret

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Promenés du banc au XV de départ, Frédéric Michalak et François Trinh-Duc sont encore plus sur la sellette que leurs coéquipiers du XV de France à l'approche du match de l'avant-dernière chance dans le Tournoi des Six Nations contre l'Irlande.

Les deux ouvreurs ont débuté la semaine au Centre national du rugby de Marcoussis sans savoir lequel d'entre eux serait désigné comme titulaire jeudi matin avec pour mission de conduire l'attaque française samedi à Dublin.

"C'est tendu, mais on essaie de ne pas perdre confiance en nous", a reconnu François Trinh-Duc.

"Même si j'ai apparemment le sourire, je suis stressé, excité aussi parce que c'est l'équipe de France", a lâché Frédéric Michalak.

"Il y a un compétiteur au fond de moi qui a peur de mal faire. Je ne sais pas si c'est une bonne peur".

Sans que l'on sache si c'est significatif ou pas, l'ouvreur revenu en grâce en novembre puis retombé de son piédestal en trois défaites en trois matches du Tournoi s'est rasé la tête avant le déplacement à Dublin.

François Trinh-Duc, qui lui avait soufflé le n°10 pour le "crunch" contre les Anglais mais a été rappelé sans cérémonie sur le banc à la 53e minute, a quant à lui gardé ses cheveux en bataille.

L'oeil un peu triste, la voix lente, il a multiplié les mots de bon élève comme "studieux", "concentration", "cohésion".

Alors qu'il avait eu un moment de révolte à la fin du match contre l'Angleterre lorsqu'il a dit ne "pas avoir compris son remplacement", il n'a pas manqué de faire son autocritique.

"REPRENDRE QUELQUES KILOS"

"Après trois défaites, on a tous notre part de responsabilité, moi aussi parce qu'en Angleterre, pour ma titularisation, on n'a pas gagné", a-t-il dit.

"Il y a eu des choix, des erreurs de ma part, beaucoup de plaquages ratés. Donc, forcément je ne suis pas satisfait de ma prestation à Twickenham".

Au lendemain de la défaite de Londres, Michalak et Trinh-Duc ont dû faire face aux critiques du sélectionneur Philippe Saint-André qui s'est plaint du "manque de jeu au pied long" de son équipe.

Trinh-Duc s'est refusé à tout commentaire. "On reste dans notre bulle. Nous, notre travail, c'est de s'entraîner, de gagner des matches", a-t-il dit. "Chacun fait son métier. Moi, je fais le mien et vous vous faites le vôtre."

Plutôt que de se risquer à des analyses du pourquoi et du comment de la soudaine perte de forme et de résultats du XV de France, Frédéric Michalak a dit lui aussi chercher son salut dans "le travail".

"Ça fait deux semaines que je me suis remis à un travail plus physique. Je fais du cardio et de la musculation plus en puissance et plus en masse pour essayer de reprendre quelques kilos et de retrouver ma forme du début de saison", a-t-il dit.

Le joueur de Toulon a également souligné qu'il espérait que cet entraînement revu et renforcé lui permettrait de surmonter "les deux saisons d'affilée" qu'il est en train d'enchaîner car il a joué la saison sud-africaine avant de rejoindre Toulon.

"C'est normal que ça tire un peu. Ca commence à devenir un peu long, je ne vais pas vous dire le contraire", a-t-il reconnu.

Comme s'il se rendait compte qu'il était en train de se mettre sous la menace d'un procès pour manque de forme, il a cependant ajouté: "L'équipe de France, je n'y avais pas goûté depuis quelques années. Je ne trouve pas (le temps) long, au contraire. Je me sens frais mentalement pour jouer ces matches-là".

Edité par Simon Carraud

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