Six Nations: Lionel Beauxis à mots découverts

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par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Souvent réduit à son "pied international" et sa timidité, l'ouvreur français Lionel Beauxis se fait violence pour "casser son image", étoffer son jeu et libérer sa parole.

L'international toulousain (18 sélections) retrouvera dimanche dans le Tournoi des Six Nations une place de titulaire face à l'Angleterre, une première depuis une défaite (22-6) en Australie en juin 2009.

Lancé par le sélectionneur Bernard Laporte à 21 ans et bombardé en quart de finale de la Coupe du monde contre la Nouvelle-Zélande puis en demi-finale contre l'Angleterre en 2007, boudé ensuite par Marc Lièvremont, le joueur s'étonne presque de se trouver dans les petits papiers du nouveau sélectionneur du XV de France, Philippe Saint-André.

"Le système n'est pas le même, ça joue peut-être. En tout cas, Je pense que j'ai plus de maturité désormais et que j'ai bien progressé dans mon jeu. J'ai bientôt 27 ans et je tiens compte de mes erreurs passées", déclare Lionel Beauxis.

Le nouveau patron des Bleus attend beaucoup de l'ancien joueur de Pau et de Paris dans le jeu au pied et la mise en place de la stratégie face au XV anglais.

"L'équipe de France n'est pas cataloguée pour son jeu au pied. Il faudra être plus précis et le mettre en ouvre au cours du match. Cela ne m'empêchera pas de tenter quelques coups", analyse Beauxis.

Débarrassé de ses problèmes récurrents aux adducteurs, l'ouvreur a enrichi son jeu en passant de Paris à Toulouse. Il se lâche davantage ballon en mains, avec lesquelles il est presque aussi habile qu'avec ses pieds, pour conduire le jeu de l'une des meilleures équipes européennes.

TAISEUX

"A Toulouse, j'ai connu beaucoup de changements. Cela passe par beaucoup de travail. On m'a replacé plus près de la défense. J'aime ce jeu-là, ce jeu d'instinct. On me demandait plus de jouer en retrait et au pied à Pau et à Paris. On m'a toujours dit de jouer comme cela. Je veux casser cette image de joueur au pied et d'introverti", dit-il.

D'un naturel taiseux, l'enfant originaire de Juillan, comme un autre brillant ouvreur, Alain Caussade (12 sélections entre 1978 et 1981), s'est ouvert sur le terrain comme en dehors.

"Avec l'expérience, j'apprends à être beaucoup plus à l'aise en face des médias, même si je suis réservé. Ce n'est pas dans ma nature de parler. J'ai découvert les vertus de la parole. J'essaie de parler plus. Avant, j'étais pétrifié. Je ne savais pas trop quoi répondre", avoue Beauxis.

Dans l'austérité du Centre national d'entraînement de Marcoussis, Beauxis savoure son retour en grâce avec sa petite amie Marie-Alice Yahé, demi de mêlée et capitaine de l'équipe de France féminine (29 sélections) qui affronte aussi l'Angleterre dimanche, mais au Stade Charléty.

"Cela fait plaisir d'être titulaire en même temps. On se croise le midi, lors des pauses et un peu le soir mais on n'a pas les mêmes emplois du temps. Chacun est dans sa bulle", raconte Marie-Alice Yahé.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Gilles Trequesser

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