Six Nations: les Bleus sur la défensive

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LE XV DE FRANCE SUR LA DÉFENSIVE
LE XV DE FRANCE SUR LA DÉFENSIVE

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Vingt-deux plaquages manqués contre l'Ecosse: la statistique indigne de la défense du XV de France illustre les difficultés d'adaptation des joueurs au niveau système pensé par le staff tricolore.

"Collectivement, on n'a pas été en difficulté. Il y a eu des erreurs individuelles et on a perdu des duels. On a loupé beaucoup de plaquages avec 13% de plaquages ratés, 22 loupés pour 146 réussis. C'est un petit peu trop élevé au niveau international", a analysé Philippe Saint-André au lendemain de la victoire en Murrayfield (23-17).

Ces errements individuels s'expliquent en partie par la mise en place d'un nouveau système défensif conçu par le nouveau patron des Bleus et son responsable du secteur, Patrice Lagisquet.

"Il y a un système défensif différent. Il veut qu'on fasse l'inverse : on glisse et on monte. Cela facilite le plaquage. Il faut arriver à rester ensemble", a expliqué le centre Aurélien Rougerie.

Malgré le manque de temps de préparation pour le Tournoi des Six Nations, le staff a lancé un grand chantier dans un domaine qui avait pourtant fait ses preuves lors de la Coupe du monde en Nouvelle-Zélande.

Organisée par David Ellis, chargé de ce secteur de 2000 à 2011, la défense s'est illustrée lors des phases finales avec seulement 9,3 points encaissés en moyenne.

Le staff actuel a entrepris de changer les façons de penser et de faire des joueurs alors qu'ils sont conditionnés à défendre en montant vers les attaquants puis en glissant vers les extérieurs.

"Il n'y a pas eu de grande révolution ", a tenté de minimiser le pilier Nicolas Mas.

"CHANGER LES HABITUDES"

Aujourd'hui, Lagisquet demande aux joueurs de glisser avant de monter pour se retrouver les épaules positionnée face à l'attaquant.

"L'habitude n'est pas évidente à changer, ni les réflexes défensifs. Les gros (avants) préfèrent car il y a moins de déplacement. C'est plus dur pour les centres et les ailiers, encore plus pour l'arrière", a dit Aurélien Rougerie qui préfère plaquer avec les épaules ouvertes à 45 degrés.

"(En Ecosse), j'étais un petit peu à côté de mes pompes sur les plaquages", a reconnu le centre clermontois qui a manqué cinq plaquages sur 14.

Autre nouveauté, chaque joueur peut se retrouver leader défensif de sa zone selon sa position sur le terrain.

"L'organisation du système vient du joueur à l'extérieur car il n'a pas la tête dans le guidon. L'impulsion de la montée défensive vient du joueur à l'intérieur", a expliqué Aurélien Rougerie.

Avec une semaine de travail en plus, les défenseurs français auront mieux assimilé les subtilités du nouveau système avant de défier les attaquants irlandais dimanche au Stade de France.

"Ce sont des systèmes propres à l'équipe de France. Cela demande beaucoup de circulation. Il faut reproduire la même défense au niveau collectif qu'en Écosse et louper moins de plaquages individuellement ", a dit François Trinh-Duc.

édité par Pascal Liétout

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